Le paradoxe d’Anderson

Par Pascal Manoukian

ISBN : 9782021402436 

Éditeur : SEUIL (16/08/2018)

Ma cote: 10 / 10

En 10 lignes, max! (Présentation du livre par frconstant)

« Le paradoxe d’Anderson » dénonce l’inefficacité des formations accumulées par les jeunes qui, bardés de diplômes, n’arriveront pas à vivre un cran au-dessus du niveau social de leurs parents, que du contraire! Dans ce roman, Pascal Manoukian interroge aussi le mensonge des parents qui se taisent et cachent la perte de leur emploi à leurs enfants sous prétexte qu’il ne faut pas perturber la progéniture par des soucis d’adulte. Avec la rigueur qu’on lui connait dans la construction de ses argumentations, l’auteur démonte les mécanismes pervers d’une économie malade de sa soif d’avoir au détriment total d’une possibilité d’être. Une démonstration du mépris des possédants à l’égard de ceux qui perdent tout … et plus encore! Une description sordide des actions désespérées des dépouillés économiques. A lire et méditer!

Ma critique:

Ce troisième roman social de Pascal Manoukian, après ‘Les échoués’ (2015) et ‘Ce que tiens ta main droite t’appartient (2017), s’inscrit dans le droit fil de sa volonté de rendre la parole et la dignité à ceux que le monde économique méprise en ne leur reconnaissant qu’un droit de survie dans la précarité alors que d’autres, les possédants, les actionnaires, s’autorisent à ne recevoir, eux, que des dividendes sans état d’âme ou respect humain pour les travailleurs.

Cette fiction, l’auteur la maîtrise à la perfection. Tout est crédible, des bons sentiments aux mensonges, des combats nourris d’espoir aux actions désespérées, des envolées collectives aux dérives personnelles, des réponses qui ne sont que justice aux attaques qui ne sont qu’injustice… Le tout noyé de colère, de dépit, de révolte et de tristesse indicible.

Avec ce livre, Pascal Manoukian rend justice et espoir à un Monde qui depuis trop longtemps se perd et se détruit dans ses dérives capitalistes. Tout est question et remise en question dans cette fiction. Tout est grain de sable dans une mécanique économique de moins en moins justifiable. Tout est caillou dans les pantoufles des nantis de tout sauf d’humanité. Nombreuses sont les phrases chocs qui, admirablement bien tournées , n’en n’évoquent pas moins des vérités qui devraient nous empêcher de dormir en paix sur le petit confort douillet des gens qui ne sont pas encore rattrapés par ces iniquités.

Le paradoxe d’Anderson, un roman de Pascal Manoukian qui pointe du doigt l’urgence d’une quête de vérité face aux comportements sociaux qui opposent les petites gens à leurs exploitants, ceux-là même qui qui ruinent leur vie, leur santé, leur couple et l’avenir de leurs enfants. A partager sans retenue!

Ce qu’en dit l’éditeur:

Plus rien n’est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes. À 17 ans, Léa ne s’en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. 
La famille habite dans le nord de l’Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles. 
Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section « économique et social ». Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d’imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd’hui le détruit. Comme le paradoxe d’Anderson, par exemple. 
« C’est quoi, le paradoxe d’Anderson ? » demande Aline. Léa hésite. « Quelque chose qui ne va pas te plaire », prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : « Les usines ne poussent qu’une fois et n’engraissent que ceux qui les possèdent. »

Citations:

Des hommes couleur de ciel

Par Anaïs LLOBET

Editions de l’Observatoire

ISBN: 9791032905340

Ma cote: 10 / 10

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En 10 lignes, max! (Présentation du livre par frconstant)

Deux frères, en exil, tentent de construire leur vie loin de Tchétchénie natale. Ici, Oumar, libre de ses pulsions, pourra peu à peu oublier qui il est et vivre son homosexualité pour autant qu’il la cache à sa famille, ses frères, son clan. Kirem, son jeune frère, rejette le Monde que l’Europe lui propose. Il préfère suivre son cousin Makhmoud radicalisé. L’intégration ou le change pour la laisser supposer passe par le BAC. Oumar a déjà réussi. Kirem semble plus rétif à l’aide que lui propose Alissa, jeune prof de russe qui, elle aussi, tait bien des choses sur son passé. Les cicatrices de guerre peuvent-elles se partager ? Faut-il dévoiler qui on est vraiment ? Qui peut comprendre ? La Haye vient d’obtenir le statut de Paris, de Bruxelles. Une bombe a explosé à la cantine du lycée. Entre terrorisme, intégration et homosexualité, chacun doit sauver sa vie.

Ma critique:

En découvrant ce titre, on se prend à croire venu le temps d’une éclaircie. Avec son pistolet et les nuages de poudres qui tachent les nuages blancs, la photo de la couverture laisse tout de suite planer un doute… La liberté revendiquée par les hommes couleurs de ciel, les homosexuels, n’est pas pour aujourd’hui.

« Des hommes couleur de ciel » est le deuxième roman de Anaïs LLOBET. Journaliste ayant été en poste à Moscou, elle connaît bien la persécution des autorités locales de Tchétchénie qui poussent les familles aux meurtres d’honneur et à la négation même des homosexuels. Son livre révèle la puissance destructrice du silence qui pèse sur la question et déstructure les familles où qu’elles vivent dans le monde. Les propos qui se présentent comme une narration relevant de la fiction, sont, en fait, d’une justesse totale et d’une plausibilité effrayante.  

Vivre, c’est tout faire pour saisir l’infime chance de trahir sa famille, son peuple et leurs interdits. Est-ce aussi tromper le pays d’accueil et bafouer ses valeurs ? C’est à ce mur que se confrontent les personnages.  Jusqu’où faut-il être fidèle à soi-même, aux autres ?

Oumar, Kirem, Alissa sont pris au piège de leurs mensonges, de leur passé, de leurs croyances mais aussi à celui de l’incompréhension des gens d’ici qui lisent leur histoire et celle de leur pays avec des lunettes déformantes de la suffisance européenne. Comment comprendre ? Peut-on se pardonner de n’avoir rien vu venir ? Quant à la recherche de la vérité, doit-on se contenter des apparences, parfois tout autant trompeuses que salvatrices ?

« Des hommes couleurs de ciel ». Ce livre, servi par l’excellente plume d’Anaïs LLOBET, offre aux lecteurs une réflexion profonde sur l’homosexualité, le terrorisme, les valeurs européennes des Droits de l’Homme et la fragilité de ceux qui voudraient pouvoir en vivre. Un livre qui ne peut laisser indifférent. Un livre à partager !

Note importante: Dans ses remerciements, l’autrice écrit: « Merci à O., S., KH., R., sans qui la langue et la culture tchétchène serait rester hermétique. Puisse venir le jour où j’écrirai votre nom en toutes lettres sans vous mettre en danger. » Je ne peux m’empêcher de mesurer, à sa juste valeur, la possibilité que j’ai pouvoir tenir et signer mes propos sans me cacher!

Ce qu’en dit l’éditeur:

Dans le pays où est né Oumar, il n’existe pas de mot pour dire ce qu’il est, seulement des périphrases : stigal basakh vol stag, un « homme couleur de ciel ». Réfugié à La Haye, le jeune Tchétchène se fait appeler Adam, passe son baccalauréat, boit des vodka-orange et ose embrasser des garçons dans l’obscurité des clubs. Mais il ne vit sa liberté que prudemment et dissimule sa nouvelle vie à son jeune frère Kirem, à la colère muette.Par une journée de juin, Oumar est soudain mêlé à l’impensable, au pire, qui advient dans son ancien lycée. La police est formelle : le terrible attentat a été commis par un lycéen tchétchène.Des hommes couleur de ciel est l’histoire de deux frères en exil qui ont voulu reconstruire leur vie en Europe. C’est l’histoire de leurs failles et de leurs cicatrices. Une histoire d’intégration et de désintégration.

Citations:

  • bien sûr que je les connais tes verbes de mouvement en russe mais ils servent à rien ici
    ici pas besoin de bondir sauter courir jusqu’à plus pouvoir respirer
    y a rien à fuir les gens sont tranquilles les avions passent sans bruit la terre tremble mais c’est juste un tramway
    et quand ils disent on descend à la cave, c’est pour rapporter de l’alcool haram ou des livres déjà lus
    ils ont pas besoin de brûler les portes ici car les radiateurs marchent l’hiver
    je te le dis, ils sont faciles à apprendre les verbes de mouvement en temps de paix
    moi je voudrais leur apprendre à aller sans se promener
    à marcher sans savoir où aller
    à s’immobiliser sans respirer
    à entendre un bruit, une explosion, fuir et ne plus jamais revenir
  • les gens ils disent « il a connu la guerre c’est pour ça qu’il est étrange » et j’ai envie de les frapper parce qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent, ils pensent que la guerre c’est comme à la télévision avec des immenses fumées dans le ciel, des gens qui pleurent et qui sortent des enfants couverts de poussière blanche des décombres de leur immeuble
    ils ne savent pas que la guerre c’est la cave l’attente la faim les gens qui s’éteignent l’impuissance les mots qui ne servent à rien face aux soldats l’humiliation les souvenirs qu’on veut jeter et qui restent comme tatoués sur le blanc de l’oeil : tu clignes des yeux et la guerre revient, tu regardes ailleurs, elle est toujours là, tu dors, elle t’attend tapie dans le noir.
  • Elle avait repris ses vieilles habitudes: ne pas se poster aux fenêtres, fermer les rideaux le soir, mettre le volume de la radio au plus bas. Ne pas attirer l’attention. Faire croire que l’appartement était inoccupé, pour qu’il ne soit pas la cible de tirs, de racontars ou de nouvelles perquisitions.

Ce qu’en dit l’autrice et la Presse:

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La mémoire des vignes

Par Ann MAH

ISBN: 9782749158570

Editeur: Le cherche midi

Ma cote: 8 / 10

Ma critique:

En apparence, un roman sans prétention qui pourrait, trop facilement, tomber dans les rubriques romance ou terroir. Mais c’est bien plus que cela! C’est aussi, avec une écriture et un découpage de l’histoire facile à suivre, le récit d’une période qui a abusivement tu les tensions au sein des familles, des villages quant aux positions à tenir vis-à-vis des ennemis, des envahisseurs venu d’un pays voisin. Ces prises de position, collaboration ou résistance, passive ou active, ont aussi engendré un silence, facteur de division, d’incompréhension, d’exclusion au sein des familles Sommes-nous si certains que de telles situations de conflit ne se présenteront plus chez nous? Au vu de la montée des extrêmes au sein même de notre Europe, .je n’ai plus aucune certitude de paix durable. Il est donc bon de lire et pouvoir échanger à propos de ces thèmes avec d’autres lecteurs, les jeunes notamment!
Merci donc à NetGalley, France et Le cherche midi pour la diffusion de ce livre signé Ann MAH!

Ce qu’en dit l’éditeur:

Pour faire partie des rares experts en vins certifiés au monde, Kate doit réussir le très prestigieux concours de Master of Wine. Elle fait pour cela le choix de se rendre en Bourgogne, dans le domaine appartenant à sa famille depuis des générations. Elle pourra y approfondir ses connaissances sur le vignoble et se rapprocher de son cousin Nico et de sa femme, Heather, qui gèrent l’exploitation. La seule personne que Kate n’a guère envie de retrouver, c’est Jean-Luc, un jeune et talentueux vigneron, son premier amour. Alors qu’elle se lance dans le rangement de l’immense cave, elle découvre une chambre secrète contenant un lit de camp, des tracts écrits par la Résistance et une cachette pleine de grands crus. Intriguée, Kate commence à explorer l’histoire familiale, une quête qui la mènera aux jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale et à des révélations très inattendues.

Toutoulou cherche une maison

Les références:

Alfred & Juliette Desproges

ISBN : 9791023611496 

Éditeur : PUBLISHROOM (20/04/2019)

Ma cote: 8 / 10

Ma critique:

Voici un album de jeunesse calibré pour faire passer un message, celui de l’acceptation de l’autre, même différent!

Avec des dessins simples, une colorisation dans des tons non agressifs, il raconte la recherche de Toutoulou qui veut trouver un endroit où se poser, où se sentir chez lui, un lieu, une terre à partager.

Avec un récit qui utilise la mécanique des transmissions orales, les répétitions, toutes quasi semblables jusqu’à l’ultime sublimation d’une réponse qui change tout, l’histoire est d’un accès aisé et le message se comprend sans de longue palabre avec l’enfant. Naturellement, il sait, lui, qu’il faut être accueillant!

Merci donc à NetGalley France et aux éditions Publishroom factory pour ce livre découvert dans le cadre du NetGalleyChallenge en cours.

Titus n’aimait pas Bérénice

Par Nathalie AZOULAI

ISBN : 9782818036208 

Éditeur : P.O.L. (20/08/2015)

Ma cote: 6/1O

Ma critique:

Titus n’aimait pas Bérénice‘, un roman signé AZOULAI Nathalie (2015) qui ne laisse pas indifférent…
Il y a dans ce livre des coups de génie en écritures et des scories qui alourdissent sans rien apporter.
L’appellation Jean, qui ne sera jamais nommé Racine (de même que Nicolas pour Boileau) et le manque quasi total de temporalité marquée font de ce récit un livre d’une étonnante actualité.

Histoire d’un étudiant douté, avide de reconnaissance, intriguant, pétri de jalousie et de cruauté, tant envers lui-même que ses adversaires ou ses comédiens. Conflits entre le religieux et la laïcité de l’Etat, guerres de pouvoirs, d’influence, narcissisme … Tout est reflet de la condition humaine qui n’est pas étrangère au soucis de performance actuels et au coups bas que se donnent, dans la dignité, tant de vedettes dans les disciplines culturelles, économiques, scientifiques et politiques de nos jours. On entre donc facilement dans ce récit.

Pourtant, le parallèle mené, par trois fois dans le récit, avec une Bérénice contemporaine et un Titus qui l’a abandonnée n’amène rien, si ce n’est de la confusion inutile. A moins de considérer que l’idée de l’auteur est d’en typer une Bérénice si nulle qu’elle serve de faire-valoir aux Bérénice et Titus sortis de la plume de Racine. Mais même si cela est le cas, c’est lourd, maladroit et inutile.

Car l’intérêt du livre est la connaissance historique du chemin d’écriture de Racine et de quelques uns de ses contemporains. Je dois cependant avouer être resté sur ma faim et avoir préféré le William (Shakespeare), ses états amoureux et de l’évolution du théâtre anglais, bien plus magnifiquement contés, selon moi, par Anne CUNEO dans son roman «  »Objets de splendeur » (Ed. Bernard Campiche, 1996) (ma critique du 9 juin 2015)

Il reste que Titus n’aimait pas Bérénice est un livre qui a le mérite de surfer sur un thème actuel, classique: ‘La rupture, la séparation douloureuse’ … et qui le fait en liaison constante avec la ‘littérature classique’ , donnant à celle-ci d’apparaître sous un jour nouveau!

Citations:

  • Il n’a qu’une ambition, celle de composer des vers qui plaisent et qui restent. A l’idée de naissance ou de providence, il doit résolument substituer celle de carrière. Le verbe plaire entre dans son vocabulaire.
  • On dit qu’il faut un an pour se remettre d’un chagrin d’amour. On dit aussi des tas d’autres choses dont la banalité finit par émousser la vérité.
  • …la vie n’est vraiment pas ce que l’on croit.

Salomé et les femmes de paroles

1 Trouver sa place

par Nathalie Charles

Edition: Rageot

ISBN: 9782700261295

Parution: 9 mai 2019

Ma cote: 8 / 10

En 10 lignes, max! (Présentation du livre par frconstant)

Salomé rentre en 6e dans un nouveau collège. Avec ses espoirs, ses appréhensions, ses peurs et sa volonté d’affirmation, Salomé devra trouver sa place. Elle le fera en appui sur sa copine Emma, sa volonté de relever des défis et l’envie de mettre à l’honneur son école et le nom d’une femme ayant marqué son temps et la société actuelle. Roman de jeunesse, féministe sans outrance, « Salomé 1. Trouver sa place » parlera aux jeunes qui vivent cette double expérience de l’entrée dans un monde nouveau et de la confrontation aux mesquineries et velléités de combat qui régissent trop souvent les contacts humains. Ce roman jeunesse interroge avec légèreté et permet aux jeunes de débattre de leurs quotidiens avec qui veut bien les écouter, les entendre et les aider sans les formater !

Ma critique:

Pour les élèves du collège qu’intègre Salomé, une des tâches de l’année scolaire sera de proposer un nom pour leur école et de défendre leur proposition. C’est, bien sûr, une belle ouverture d’esprit vis-à-vis de la jeunesse que de leur confier le choix d’une personnalité de référence pour leur établissement scolaire. Mais, dès la présentation de ce projet, l’autrice, Nathalie Charles, insiste sur le fait (bien réel, je le concède) que la majorité des personnalités donnant leur nom aux écoles sont des hommes. Les femmes étant systématiquement dépréciées, oubliées, tenues pour non-représentative de l’intelligence… Le roman prend donc l’allure d’une revendication sexiste alors que le premier problème à résoudre pour ces élèves entrant au Collège, c’est, avant tout, de trouver une place au sein d’un groupe classe mixte. Et, on le sait, la découverte des autres se fait souvent, à coup d’idées préconçues, peu étayées et très dure dans le jeu de bascule du côté amis ou ennemis. Dommage.

Cela dit, la plume de Nathalie Charles est efficace, très lisible et, prenant les jeunes par la main, elle peut les guider à s’identifier comme ‘appelés à s’associer à cette démarche citoyenne’ qui concerne un choix que doit poser l’école qu’ils fréquentent. Elle leur ouvre aussi un espace à investir dans la gestion des relations au sein de la famille, avec les amis. On découvre, dans ce livre, quelques beaux moments de complicité entre la grand-mère et sa petite fille et ses amis.

Appréciable est la caricature réalisée par l’auteur de ces jeunes qui rêvent, réfléchissent et s’expriment en s’imaginant être de grands reporters décodant l’instant et la profondeur du monde et de ses jeux sociaux et, tout à la fois, s’auto-flagellent, se mésestiment, se jugent nul dans telle ou telle situation alors que, selon eux, les autres seraient tellement brillants. C’est drôle, léger … et finalement assez profond pour qui veut bien s’interroger sur cette propension à manquer de confiance en soi mais à s’instaurer analyste du monde et producteur des bonnes réponses à apporter à des questions, souvent, peu circonscrites.

Autre belle idée dans la construction de ce livre, c’est le découpage en chapitres courts qui, pour la plupart, portent pour titre des actions à mener par les jeunes pour grandir et s’épanouir : ‘Prendre confiance, affronter ses peurs, protester, se serrer les coudes, avoir plus d’une corde à son arc, tisser des liens, défendre ses idées, rejeter les paix trompeuses…

Finalement, un roman jeunesse qui tient son rôle, occupe une place de choix pour aider les jeunes à vivre positivement l’entrée au collège et appelle à découvrir la suite…

Comment attraper un ours qui aime lire?

par Juliana Léveillé-Trudel, Andrew Katz

Editions: Chouette

ISBN: 9782924786468

Livre Jeunesse Petite enfance (Fiction)

Ma cote: 10 / 10

#CommentAttraperUnOursQuiAimeLire #NetGalleyFrance: Une belle découverte!

Mon billet:

Un titre insolite… Qui donc aurait l’idée d’attraper un ours qui aime lire? Julia, petite fille gentille et autonome cherche à attraper un gros ours pour obtenir de lui des gros câlins. Julia, qui aime lire, puisse dans ses lectures de bonnes idées pour attirer l’animal par l’odorat et l’estomac. Cette interaction entre le livre que l’enfant tient en mains et celui que Julia lit renforce, bien évidemment, la magie de l’histoire et l’intérêt de la lecture. Julia découvrira que d’autres appâts peuvent être déposer pour attirer l’ours à câlins.

Une jolie histoire, tendre, avec des dessins colorés sans être criards. Une belle invitation à poursuivre ses idées jusqu’à les réaliser et pouvoir lire, vivre ses lectures et les partager avec de nouveaux amis. Je connais des petits loups et des papys qui auraient ‘bien bon’ à partager de tels moments.

Ce qu’en dit l’éditeur:

Julia a beaucoup d’amis dans la forêt près de chez elle. Elle grimpe aux arbres avec Léon l’écureuil, joue à la cachette avec Charlotte la marmotte et fait des concours de pet avec Georgette la mouffette. Julia rêve de rencontrer un ours. Ils pourraient jouer ensemble à tant de jeux amusants ! Et se donner de gros câlins. Mais aucun ours ne montre le bout de son museau.

Un jour, Julia se laisse inspirer par une histoire qu’elle lit et apporte dans les bois une collation parfaite (pour un ours). Elle découvre, à sa grande surprise, qu’il n’y a pas que les bonnes odeurs qui peuvent attirer les ours !

Ainsi, commence une recherche trépidante qui permettra à Julia d’explorer de nouveaux coins de la forêt et de son cœur. Mettant en scène une jeune héroïne audacieuse qui aime passionnément les livres, Comment attraper un ours qui aime lire invite les enfants à partager leur amour de la lecture, et des ours, avec Julia.

Un livre qui célèbre l’amitié et encourage la détermination, l’entraide et l’amour de la lecture.