On a tous un ami noir par Gemenne

Par François Gemenne

Maison d’éditions : Fayard

ISBN : 9782213712772

Essai

253 pages

Ma cote : 10 / 10

Ma chronique :

François Gemenne signe, avec cet essai publié chez Fayard, une excellente remise en question à la portée de tous ceux qui souhaitent se laisser toucher par un changement de paradigme, radical, sensé et étayé en ce qui concerne les polémiques stériles sur les migrations et leurs cortèges de fausses vérités et des promesses de malheur qu’elles sont promises à apporter aux pays qui accueilleraient des migrants.

François Gemenne sait de quoi il parle et de quel lieu. Enseignant dans plusieurs universités belges et françaises, il est, chez nous, en Belgique, un expert des conditions migratoires et des modifications climatiques qui se bousculent à nos portes. Avec aisance et fluidité, il mêle ces deux thématiques dans cet ouvrage et les éclaire l’une et l’autre dans un jeu de miroirs avec des informations, des chiffres et des états des lieux qu’il documente toujours. Un vrai travail de chercheurs, basé sur une méthode explicitée en termes simples, un très beau travail de vulgarisation des sciences qu’il maîtrise. François Gemenne, riche de ses expériences, de ses recherches et de son humour est l’homme à lire pour se construire une vue ouverte et pertinente sur les phénomènes migratoires, source de belles opportunités pour ceux qui fuient des situations d’inconfort total tout autant que pour les pays qui s’ouvrent et répondent en humanité, à ce défi lancé au monde entier et, tout particulièrement, à chacun de ceux qui trop souvent veulent s’approprier les richesses de la Terre dont nous ne sommes que les dépositaires chargés de les confier à nos enfants, si possible, en meilleur état.

En modifiant le paradigme qui surfe sur les peurs de l’invasion migratoire et ses déferlantes d’ennuis et de pertes pour les ‘autochtones que nous revendiquons d’être, l’auteur, chiffres en mains, nous invite à quitter les carcans de peurs et de crises remettant en cause nos prétendues souverainetés absolues. Il nous montre la relativité des déplacements migratoires, bien loin d’être des invasions, et fait apparaître les richesses humaines tant pour les pays qui pourraient accueillir davantage que celles qu’importent avec eux tous ces déplacés climatiques ou politiques qui n’ont pas d’autres choix que de tenter une intégration chez nous et le maintien d’un lien avec leur famille de là-bas.

Trop souvent, n’existant que par rapport aux attentes électorales qui ne leur laissent que peu de temps pour s’ouvrir au Monde, nos hommes et femmes politiques se désintéressent de cette nouvelle approche des phénomènes migratoires. En effet, qu’ils soient liés aux modifications climatiques, à la pauvreté qui s’installe dans ces pays durement touchés ou encore à l’absolue nécessité de fuir des régimes totalitaires brisant toute recherche de régime démocratique, ces chercheurs de paix ont un discours qui ne s’inscrit pas dans l’agenda électoraliste qui verrouille le long terme. Quel dommage ! Nos hommes politiques auraient tant de pistes à découvrir chez des auteurs comme François Gemenne !

Je ne peux donc que vous invitez à découvrir ce titre : « On a tous un ami noir. »  Merci à mon ami Jean-Pol qui m’a proposé la découverte de ce livre.A mon tour, je peux aider ceux qui voudraient entrer dans cette approche, j’ai un livre qui ne demande qu’à circuler de lecteurs en lecteurs. Je le confierai volontiers aux bons soins de nos Postes nationales, voire internationales. Si cela vous intéresse, envoyez-moi un message privé, on s’arrangera.

Ce qu’en dit l’éditeur :

Pas une semaine ne s’écoule sans qu’éclate une nouvelle polémique sur les migrations : violences policières, voile dans l’espace public, discriminations, quotas, frontières… Les débats sur ces sujets sont devenus tendus, polarisés et passionnels, tandis que la parole raciste s’est libérée, relayée avec force par des activistes identitaires. Collectivement, on a accepté de penser les migrations à partir des questions posées par l’extrême-droite, en utilisant même son vocabulaire. Quant à nous, chercheurs, nous nous sommes souvent retrouvés réduits à devoir débusquer rumeurs et mensonges, qu’il s’agisse de dénoncer le mythe de l’appel d’air ou du grand remplacement.
Nos sociétés resteront malades de ces questions tant qu’elles continueront à les envisager sous l’unique prisme des idéologies. C’est toute l’ambition de ce livre : montrer qu’il est possible de penser ces sujets de manière rationnelle et apaisée, en les éclairant de réflexions et de faits qui sont bien trop souvent absents des débats. En montrant, par exemple, que les passeurs sont les premiers bénéficiaires de la fermeture des frontières. Ou que la migration représente un investissement considérable pour ceux qui partent, alors qu’ils se retrouvent souvent décrits comme la « misère du monde ».
Les questions d’identité collective doivent être des enjeux qui nous rassemblent, plutôt que des clivages qui nous opposent. À condition de reconnaître et d’affronter les problèmes structurels de racisme dans nos sociétés. Après tout, on a tous un ami noir.
 
  François Gemenne enseigne les politiques du climat et des migrations dans différentes universités, notamment à Sciences Po et à Bruxelles. Chercheur du FNRS à l’Université de Liège, il y dirige l’Observatoire Hugo, un centre de recherche sur l’environnement et les migrations.

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