De Arthur Serres

Editions: L’Aquilon (2019)

ISBN: 978-2-9546987-6-2

Ma cote: 5 / 10

Ma chronique:

Me voilà au bout d’une lecture courte, facile à aborder et qui m’a fait faire un tour de la France que l’on dit profonde. J’ai mis beaucoup trop de temps pour lire ce service presse reçu en 2019 et que je n’ai pas pris en compte tout de suite, puis oublié dans un coin de mon ordinateur, submergé que j’ai été par d’autres lectures, d’autres aventures et de nombreux, trop nombreux passages dans les locaux assez inhospitaliers des hôpitaux en période de Covid. Je prie l’auteur et la maison d’édition Aquilon d’excuser ce retard aussi énorme que démesuré. C’est la première fois que je me laisse, à ce point, dépasser par un agenda que je ne gérais plus, plus du tout, vivant hors du temps pour mieux le fuir.

Que raconte « Nos régions à la bonne franquette » ? Tout simplement, en texte brut de décoffrage, un périple plus ou moins organisé de deux comparses, Siméa et Arthur, qui ont eu envie de mieux connaître la cuisine française, pas celle des grands livres issus de l’entourage des Grands Chefs dont la France ne manque pas, mais celle des français et françaises du fond du pays qui, depuis toujours, cuisinent des plats régionaux, des mets de traditions familiales et qui savent les partager et partager leurs vies et leurs envies avec tout qui s’intéresse à ceux qui cuisinent et dégustent plutôt qu’à la composition des plats, leurs ingrédients et artifices de confection relevant du secret de chef qu’il faut garder à tout prix pour rester unique et concurrentiel !

Ce road trip à travers la France, ses paysages, sa nonchalance souvent, la vérité profonde de ses habitants toujours, se veut le récit d’une expérience de voyage, de rencontres, et de découverte de la vraie richesse de la cuisine d’un pays, celle du partage d’un plat cuisiné avec bienveillance et de la richesse des discussions spontanées qui émaillent tout repas entre amis, connaissances de longue date ou joyeuses découvertes de rencontres aussi imprévues que riches.

« Nos régions à la bonne franquette » ne vous délivrera pas un condensé de recettes, ingrédients et grammages précis. Il vous offrira davantage. Ce livre fera naître en vous l’envie d’un retour à une cuisine simple, souvent respectueuse de la Planète, gorgée du soleil des rencontres que ce soient celles des Nords pluvieux, des montagnes du sud ou des régions perdues au cœur d’une France profonde, appellation qui n’a jamais aussi bien mérité son nom que dans cette approche culinaire du vivre chez soi mais ensemble et ouvert à ceux qui viennent d’ailleurs !

Le style d’écriture relève des notes prises en cours de route, à la sauvette. Il y a comme un parfum d’inachevé, d’une syntaxe et de phrases dont on n’a pas cherché à sublimer la richesse ou la poésie. L’essentiel n’est pas dans le récit mais dans l’aventure. On trouvera donc essentiellement un langage oral, narratif, énonciateur d’une succession de faits et gestes plutôt que de description d’ambiance, un rapport brut du déroulement des jours, sans regard distancié et critique, sans fioriture ou recherche cadencée des phrases et de la musicalité poétique que peut développer la langue française.  Des phrases courtes, comme des excuses pour situer l’action, l’auteur se concentrant sur l’émergence de la rencontre entre les personnes plutôt que sur le décorticage des recettes ou sur la description émotionnelle des paysages et sites visités. Tout ce qui peut se trouver dans la littérature abondante et régionale de la table n’a pas sa place ici, le vrai sujet étant l’évocation des plats, prétextes aux rencontres et découvertes de régions que trop souvent nous ne prenons pas le temps de visiter.

Un trip sur les petites routes régionales et communales plutôt qu’une traversée du pays en long et en large sur des autoroutes où la bouffe est toujours la même, américanisée et vous privant de toute possibilité de rencontres vraies. La France profonde, quoi, la vraie !

Je ne sais trop si lire ce livre m’aura appris quelque chose. Mais, à l’image du livre dont la dernière page donne une conclusion expliquant l’essentiel du voyage, je sais que ce livre m’aura redit, une fois de plus si nécessaire, toute l’importance des repas qui dépassent, et de loin, ce qu’il y a dans l’assiette. Et cela, c’est une leçon de vie que nous pouvons donner et recevoir chaque fois que nous nous réunissons à table pour manger et surtout vivre, échanger avec nos compagnons, ceux avec qui nous partageons le pain et les réalités quotidiennes.

Ce qu’en dit l’éditeur:

À l’été 2014, Arthur et Siméa entreprennent un voyage dans toute la France pour découvrir ce qui se passe du côté des cuisines de l’hexagone, et réaliser un reportage. Sur les routes, Arthur rédige un journal de bord dans lequel il relate son ressenti et les dessous du projet. Ce journal consigne par ailleurs ses observations et les rencontres que le duo de choc fait au cours de ses pérégrinations. ZAD, permaculture, agriculture, condition paysanne… c’est un portrait de la France culinaire engagée qui se dessine au travers de ce livre.

2 commentaires sur « Nos régions à la bonne franquette »

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