Par Evelyne LARCHER

Sa biographie (par l’autrice)

Pharmacienne de profession, il m’arrive de taquiner le clavier de mon ordinateur comme une thérapie. Tous les récits qui racontent les combats de l’être humain, ses défaites, ses victoires et sa résilience me passionnent.

Edition : Librinova (Autopublication)

ISBN : 9791026229629

Ma cote : 7/10

Ma chronique :

« Emi, Lucette et la coiffeuse » est, selon Librinova, un premier roman. Il est indéniable que l’autrice, Evelyne Larcher, a le sens de l’observation des jeux de pouvoir et des relations de proximité qui peuvent faire vivre ou détruire le tissu social d’un quartier des faubourgs.  Comme l’annonce la 4e de couverture, la mère d’Emi a été agressée. Elle gît actuellement dans le coma. Lucette, ancienne assistante sociale, découvre dans ce fait divers toutes les raisons du monde de se mobiliser pour trouver le ou la responsable. Belle occasion pour elle de se désennuyer et de régler ses comptes avec son entourage qu’elle observe et juge facilement.

Evelyne Larcher maîtrise la création de personnages haut en couleurs. Même si elle flirte parfois avec la caricature, elle fait vivre et cohabiter des protagonistes d’âges, d’origines, de centres d’intérêt et de valeurs différents. Ce patchwork ne peut que dynamiser, voire dynamiter son récit. A relever, pour exemple, la truculence d’une Lucette aux expressions et à l’accent chantant de la Guadeloupe. Au cœur du récit, cette Mam des îles règne sur son petit monde et c’est parfois drôle, souvent touchant même si c’est quelques fois énervant de voir tant d’énergie dépensée à épier le voisinage, à le jauger, le manipuler sous prétexte de le sauver.

Un regret, tout de même. Si l’autrice propose une brochette de personnages riches de leur diversité, l’histoire peine à trouver son souffle, à s’imbriquer dans une articulation limpide et sans conflit entre les idées et sujets abordés. Le lecteur que je suis, plus d’une fois, a perdu le fil, n’a pas compris les transitions, les ruptures, arrêts et redémarrages dans de nouvelles directions, intéressantes, certes mais digressives. L’enquête menée à propos de l’agression de Adèle, maman de Emi, se dilue parfois dans la poursuite d’analyses psycho-sociales intergénérationnelles ou l’analyse des différentes couches sociales et la manière de s’y imposer. Or, ces analyses dispersent et se révèlent sans apport nouveau ou consolidation de la cohérence du récit initial. De plus, quelques usages de termes à la signification alambiquée et trouvant difficilement leurs places dans le cadre de l’histoire de la ponctuation ou choix des termes compliquent également ci et là la lecture …

Bref, alors que j’aimais l’histoire qui me rappelait un jeu théâtral vu il y a des années qui déclinait le thème d’une populaire cité joyeuse et des échanges explosifs et comiques qui en nourrissaient le quotidien,   j’ai regretté, ici, le manque de rythme dans l’expression du récit. La mélodie est là, riche de la variété des personnages mais il n’y a pas – ou trop peu – dans l’écriture de temps d’arrêt, de silence, de pause permettant une résonnance donnant de l’ampleur à l’histoire. Les faits sont contés, sans plus, sans alternance de temps forts et de temps faibles, donc de rythme. De plus, la typographie, elle-même, le découpage en paragraphes ne m’est pas apparue au service d’une plus grande dynamique du récit. Le lecteur que je suis n’a pas toujours su sur quel pied danser , Funambule, en équilibre entre l’avidité d’avancer dans le travail d’enquête et, en même temps, le désir d’avoir des temps de pauses, d’arrêt pour imaginer des suites possibles avant qu’elles ne me soient imposées par la linéarité monocorde du style de l’autrice.

Il me restera, à propos de ce roman « Emi, Lucette et la coiffeuse » un avis mitigé basé sur l’envie de passer à autre chose, mais aussi de rencontrer mon désir de poursuivre la découverte de cette plume inventive qui, j’en suis sûr, progressera et développera une souplesse et une dextérité dans l’art de conter.  A coup sûr, une autrice qui, au fil du temps, pourra compter dans le paysage de l’autoédition.

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