41Ctwh7SIiL._SX195_

Ce qu’en dit l’éditeur:

« – Tous les écrivains sont des monstres et, dans mon genre, je suis l’un des pires. Il vaut mieux que je vous prévienne.
Marlioz passait pour cynique et pervers, réputation qu’il avait lui-même entretenue par vice ou par jeu. Mais en quoi pouvait-il s’être rendu coupable du suicide de sa fille  ?  »

Que cherche le si mythique et secret Victor Marlioz en acceptant de recevoir au crépuscule de son existence, dans un somptueux hôtel italien puis dans son antre de Genève, le directeur des pages littéraires d’un grand hebdomadaire parisien venu enquêter sur lui  ?
Se livrer à une ultime confession à charge qui achèverait d’authentifier sa vérité d’écrivain du mal, s’exempter de ses fautes, traquer son chasseur  ?
Un vertigineux tête-à-tête avec le monstre.

Selon une source de babelio, ce roman raconte l’histoire d’un « monstre », tel que le grand écrivain Victor Marlioz se définit lui-même en se désignant comme l’un des pires de sa catégorie. Un monstre d’égoïsme et de perversité dont le « secret de fabrication » consiste non seulement à utiliser les drames, les échecs qui ont jalonné son existence, mais à les déclencher et à les mettre en scène comme s’ils obéissaient à une fatale nécessité. Que cherche Marlioz en acceptant de recevoir dans un hôtel italien puis à Genève un journaliste, Julien Maillard, directeur des pages littéraires d’un grand hebdomadaire parisien, venu enquêter sur lui après avoir été alerté par une lettre anonyme accusant l’écrivain d’avoir favorisé le suicide de sa fille, morte pour les « besoins de la cause » ? Veut-t-il se livrer à une ultime confession à charge qui achèverait d’authentifier sa vérité d’écrivain du mal ? Maillard obtient les confidences du romancier, les recoupe avec les témoignages d’autres protagonistes, dont celui de sa dernière femme, une ancienne actrice et héritière richissime qui a sombré dans l’alcool ou de son éditeur Richard Durban, qui joue à ses côtés un rôle trouble. Mais plus Maillard explore les zones d’ombre de son personnage et plus ce dernier lui échappe, comme si la vérité d’un écrivain excédait en définitive celle de son existence.

Ma cote: 9/10

Mon billet :

Avec « Pervers », Jean-Luc Barré signe un premier roman après avoir été un biographe reconnu par de nombreuses distinctions pour un bon nombre d’ouvrages dont « François Mauriac, Devenir de Gaulle, Dominique de Roux, …)

Optant pour la fiction, Jean-Luc Barré fait monter sur le ring deux poids lourds. Victor Marlioz vient du monde de l’écriture et de la production romanesque, l’autre, Julien maillard, est issu de la critique littéraire et habité par une envie extrême de traquer ce qui se cache derrière les productions littéraires qui font la une. 

Victor Marlioz se définit lui-même comme un monstre et s’affuble de tous les torts qui pourraient lui être reprochés. Alimentant, à l’excès, toutes les rumeurs qui pourraient le condamner aux yeux du public, il en retire une aura malsaine mais payante quant à son acceptation par le public qui voit, dans ses propos, un délire de plus, une manière déraisonnable de vouloir se faire passer pour cynique pour être mieux aimé. 

Julien Maillard, depuis longtemps est craint par tout qui est susceptible d’être objet de ses critiques littéraires tant il se montre cassant, impitoyable  et subtil à démonter la face cachée des écrits qu’il commente.

Alors, pourquoi le premier invite-t-il le second à un entretien qui devrait mettre à plat la genèse de ses romans? 

Il y a, tant dans la volonté de l’un et de l’autre, les manipulations réciproques et la vie, le fond de commerce du romancier tant de perversions que ce récit est, tour à tour, lourd à digérer et jubilatoire à lire. Jusqu’où, ce romancier pervers – ou se déclarant tel – est-il impliqué dans la mort de sa propre fille, suicidée nous dit-on? Le lecteur se laisse prendre au jeu de cette recherche de la vérité qui, in fine, n’est jamais que celle de celui qui l’affirme.  Un très bon roman. Une écriture qui invite le lecteur à se plonger dans les coins les plus sombres de l’écriture et du travail des maisons d’éditions. Un régal!

Ceci dit, devant autant de raffinement pervers, on n’en a pas moins l’envie de casser plus d’une fois la gueule à ce monstre narcissique qu’est Victor Marlioz…   Tout ceci n’étant que fiction, cela va de soi!

Merci à NetGalley, France et aux éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce roman.

Citations:

 

A propos de l’auteur:

Jean-Luc Barré est écrivain, historien et éditeur. Il est l’auteur de multiples biographies dont celle en deux volumes de François Mauriac (Fayard, 2009 – 2011). Il a pris part à l’édition des Mémoires de Charles de Gaulle dans la Pléiade (Gallimard, 2000) et consacré à la figure de l’homme du 18 juin un ouvrage, Devenir de Gaulle (Perrin, 2003), issu des archives privées du Général. Il a collaboré à la rédaction des deux volumes des Mémoires de Jacques Chirac (NIL, 2009 – 2011).
En 2016, il a publié chez Fayard un récit sur l’affaire Cahuzac, Dissimulations, nourri de sa propre expérience du monde politique. Editeur chez Plon puis Fayard, Jean-Luc Barré dirige depuis 2008 la collection « Bouquins » chez Robert Laffont. Lauréat de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation, il a obtenu à deux reprises le prix de la biographie de l’Académie française.

Les références:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s