De Svetlana Alexievitch

ISBN : 978 2330 056 292

Éditeur : ACTES SUD

Ma cote: 6 / 10

Mon avis:

3 juillet 2016. Je termine ce livre de Svetlana ALEXIEVITCH alors que j’apprends le décès de Mr Elie Wiesel.
Les derniers mots de l’auteure russe sont: « La première à disparaître a été notre merveilleuse maman. Papa a suivi. On a de suite compris, senti qu’on étaient les dernières. Qu’on était à la limite, au bout de la chaîne… les derniers témoins. Notre époque s’achève. Nous devons parler. »
Et c’est bien de ce devoir de mémoire dont il s’agit. Svetalana ALEXIEVITCH a recueilli des centaines de témoignages d’enfants soviétiques qui ont été embarqués dans la grande Guerre patriotique de 1941 à 1945. Des millions d’enfants y ont trouvé la mort… Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Juifs, Tatars, Lettons, Tziganes, Kazakhs, Arméniens, Tadijks… Une horreur, ici rapportée à travers les regards des adultes qui, sauvés, se souviennent de leurs regards d’enfants sur la situation d’alors.
Un livre émouvant, touchant. Un livre où on se demande comment le patriotisme a pu occulter, à ce moins les facultés destructrices d’un nazisme déshumanisés. Un livre où l’essentiel à sauver devient une poupée, un robe légère, une paire d’escarpins mais où les enfants sont réduits à manger de la terre et boire l’eau polluée des rivières, des flaques, des latrines. Une guerre à la fin de laquelle l’humanité ne pouvait que crier et s’engager à « Jamais plus ça! » … Et pourtant!
Ce livre comme tant d’autres, cette auteure comme tant d’autres personnages, emblématiques ou inconnus, continuent ce devoir de mémoire… Il est plus que temps de la crier haut et fort: ‘L’humanité a besoin de se souvenir pour pouvoir rester debout!’. Ce livre nous y invite. A partager!

Ce qu’en dit l’éditeur:

De tous les textes de Svetlana Alexievitch, celui-ci est le plus déchirant. Car qu’y a-t-il de plus terrible que l’enfance dans la guerre, de plus tragique que l’innocence soumise à l’abjection de la violence et de l’anéantissement ? Les personnages de ce livre ont entre trois et douze ans. Garçons et filles, ils ont grandi au cœur des ténèbres du plus inhumain des conflits, cette Seconde Guerre mondiale dont les plaies restent toujours béantes soixante ans après.
Publié une première fois dans une édition tronquée, mutilée par la censure encore soviétique à la fin des années quatre-vingt, jamais traduit en français, Derniers témoins parait aujourd’hui pour la première fois dans sa version définitive, achevée en 2004. Il a donc fallu à Svetlana Alexievitch près d’un quart de siècle pour mettre un point final à ce monument de la littérature, dressé pour commémorer la plus injuste des souffrances. La poésie inhérente à l’enfance lui confère une force d’évocation qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Bouleversant par sa charge de vérité, émouvant jusqu’à l’insoutenable, Derniers témoins change notre regard sur l’histoire, sur le monde, sur la guerre, sur l’enfance, sur la vie.

Svetlana Alexievitch a passé sa jeunesse en Biélorussie. Son dernier ouvrage paru en français, La guerre n’a pas un visage de femme (Presses de la Renaissance, 2004), a été salué par l’ensemble des médias. Lauréate du prix Remarque, en Allemagne, et du prix Témoin du Monde de Radio France Internationale.
Le 8 octobre 2015, le prix Nobel de littérature lui est attribué pour « son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque », ce qui fait d’elle la première femme de langue russe à recevoir la distinction.

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