Par Bertil Scali

et De ANDREIS R. :

ISBN9791070060476

384 pages
Editions: CAIRN (12/03/2022)

Ma note: 10 / 10

Ma chronique:

Soufflé, soufflé par la lecture de ce livre pourtant lu dans d’extra mauvaises conditions physiques.

Mais les auteurs ont, une fois de plus réussi le pari d’écrire ensemble comme ils l’avaient déjà expérimenté avec « Air » paru en 2019.

Ce nouveau roman noir reste à fond dans le genre thriller, mais il l’humanise en créant une dystopie dans laquelle nous refusons trop vite intellectuellement de rentrer. Et si Bordeau, domaine des vignobles, était à son tour noyée par les eaux qui monte et qui permettre maintenant de circuler sur les grands axes que formaient ses routes principales. Mieux qu’à Venise, on circule à Baordeaux pour le travail, les trajets usuels, les loisirs. Bordeaux, comme tant d’autres villes dans le monde est devenue lacustres. Fascinant ! Ce qui l’est beaucoup moins, c’est que les auteurs font deux constats : le premier est qu’une série folle de moyens techniques ont disparus. L’informatique et les réseaux sont devenus des jeux d’enfants à pirater trop facilement, les archives dans le cloud ne sont plus en sécurité et les archives papiers, pour ce qu’il en reste, ont souffert de toutes ces montées des eaux auxquelles personnes ne voulaient croire. Les précautions n’ont pas été prises. Deuxième constat, alors que nous ne sommes qu’en 2050, le pouvoir du crime a su se développer avec un réseau bien plus fiable que celui de la police et avec un développement extrême de la violence et du retour au pire crime que l’humanité puisse offrir aux peuplades internationales : l’esclavage. Toutes les catégories ethniques, sociales, intellectuelles sont touchées, s’il leur manque l’argent, ils sont des proies sans défense ou quasi ! Une horreur, addictive, mais horreur tout de même.

Les deux auteurs, par la justesse de leurs plumes, des descriptions, des évènements historiques qu’ils glissent habillement dans le récit et par leur un style clair, vif, parfois sec et bref laisse affirmer que la situation telle qu’elle est un fait et ne se discute même plus.

Seule compte la traque entreprise par les inspecteurs Mercy Silla et Sacha Baronski. Une équipe à qui le lecteur ne pourra que donner raison, surtout s’il prend, de temps en temps le temps d’arrêter sa lecture pour réfléchir aux causes qui ont amené ce Bordeau à baigner dans l’eau et le sang.

Tout roman noir est là, aussi, pour pousser le lecteur à revisiter le sens qu’il donne au terme humanité. Avec Mer, B. Scali et R. De Andreis  réussissent parfaitement.

Un  énorme merci à Babelio et à sa  Masse critique, de même qu’aux Editions Cairn à qui je dois le bonheur d’avoir découvert ces plumes. Et milles excuses pour la lenteur de ma chronique. Ce n’est pas l’envie du cœur qui manquait, c’est  le corps qui ne pouvait plus.

Mer, un roman qui se fonde sur le crime et la recherche des coupables et vous en apprend sur l’homme, ses coutumes, ses habitudes, ses travers et ses dépassements de soi. Un livre à partager sans modération !

Ce qu’en dit l’éditeur: CAIRN

Dans ce roman policier Bordelais, découvrez la ville de Bordeaux en 2050, le réchauffement climatique n’est plus un risque, c’est une réalité. La montée des eaux n’a pas épargné la ville du Port de la lune, les habitants se sont adaptés tant bien que mal, c’est une question de survie. C’est dans cette atmosphère saumâtre que débute l’enquête la plus importante de la carrière du commissaire Baranowski, celle des  » 1000 disparus « , tous réfugiés climatiques…le pire de l’humanité semble avoir refait surface à Bordeaux. Découvrez « Mer » un roman policier d’anticipation palpitant qui nous pousse à la réflexion.

4e de couverture :

Bordeaux, la capitale du vin, n’était plus la cité d’autrefois, la douce ville aux pierres d’or qui avait régné sur les tables les plus prestigieuses du monde. Rongée par l’Atlantique, dévorée par le sel et l’eau et assaillie par les insectes subtropicaux, elle était devenue une gigantesque cité lacustre ouverte sur l’horizon.

Le commissaire Baranowski et la lieutenante Sylla n’avaient pas eu beaucoup de difficultés à faire comprendre en haut lieu que l’enlèvement de Gloria était la seule piste sérieuse pour faire avancer l’enquête sur les disparus australiens et africains. Depuis trois jours le préfet racontait régulièrement la même salade au ministre de l’Intérieur qui faisait semblant d’y croire, avant de la resservir, un peu assaisonnée, à Matignon.

À l’échelon suprême, le Président, pressé par ses pairs africains, asiatiques et australiens, eux-mêmes sous pression de leurs peuples, commençait à perdre patience. Jusqu’ici l’Affaire des 1000 Migrateurs disparus piétinait.

2 commentaires sur « MER »

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