Par Michaël Farris Smith

Editions Sonatine (15/04/2021)

EAN : 9782355848339

Ma cote : 8/10

Ma chronique :

Je découvre ce roman grâce à NetGalley et aux Editions Sonatine. Qu’ils en soient vivement remerciés!

Blacvkwood est un livre aussi noir que long. Intrigant par le décor dans lequel nous plonge son auteur, Michaël Mike Farris ; il laisse le lecteur rêveur devant cette possible vie sous le Kudzu, cette plante envahissante qui recouvre tout, vallée et collines, maisons, chemins et qui permet une vie sous cette canopée où l’homme peut tailler des chemins à la machette et dégager des sources d’eau pure qui assure l’essentiel.

De rêveur le lecteur passera à dubitatif devant le trio hétéroclite qui se nomme famille mais qui n’en a aucun des attributs. Le père ne l’est pas par son comportement, la mère, soumise ne se remet pas de ses choix et le fiston est aussi avili qu’une larve et pourtant rusé comme un renard et économe comme l’écureuil. Est-il vraiment possible de vivre le nomadisme comme ils nous le présentent ?

Quant au personnage central, Colburn, il n’est pas en reste. Taillé par l’auteur à coups de couteaux à peindre, aux couleurs glauques qui se mélangent vite à des noirs de repli, du rouge colère et des gris qui évoquent la poussière de ces vieilles histoires qu’il remue pour tirer une vérité, la sienne, celle qui lui conviendra, ce personnage soutiendra le fond de la longue quête présente dans le livre, aidé, parfois malgré lui, par le sheriff, personnage désemparé, se pensant impuissant et pourtant tellement humain.

Un livre dépaysant. Un livre qui nous laisse entrevoir une Amérique profonde, pauvre, paumée, une Amérique dont on ne parle que peu hormis dans la littérature et pourtant une Amérique bien réelle.

Alors oui, peu d’actions dans ce roman mais quelle ambiance ! Michaël Farris Smith, plante un décor à l’humeurs sans autre pareille. Il vrille son lecteur au milieu de ce fatras et nous quitte quand il le souhaite, laissant au lecteur le soin de rassembler ses idées et de poser ce qu’il pense avoir compris. Du très beau travail.

Ce qu’en dit l’éditeur :

Vénéneux.
Après y avoir vécu un drame quand il était enfant, Colburn est de retour à Red Bluff, Mississippi. Il y trouve une ville qui se meurt en silence. Lorsque deux enfants disparaissent, les tensions alors sous-jacentes éclatent au grand jour, et la vallée s’embrase.

La prose lyrique de Michael Farris Smith est à l’image du Kudzu, cette plante invasive qui s’accroche à tout ce qui se trouve sur son chemin et étouffe lentement Red Bluff : plus le lecteur avance dans le livre, plus il se sent enlacé, retenu, pris au piège. Jusqu’à un final sidérant.

6 commentaires sur « Blackwood »

    1. C’est vrai, j’ai remarqué cela aussi. Les auteurs, autrices tenteraient-ils de réveiller les consciences devant cette part d’Amérique trop souvent délaissée quand elle n’est pas, en plus, manipulée par des idéologies bancales et des chercheurs de voix?

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s