De Yves Montmartin

EAN : 9798651603879

250 pages

Éditeur : AUTO-ÉDITION (05/12/2020)

Ma cote : 9 / 10

Ma chronique :

L’épaisseur d’un livre n’est en rien liée à la densité avec laquelle le sujet est traité. La mauvaise herbe, roman de Yves Montmartin est écrit avec l’intelligence du cœur, ce qui donne au lecteur un vrai temps de plaisir et de partage des idées que développe l’auteur avec respect des personnes, connaissance des us et coutumes des communautés dont il parle et une prise de hauteur suffisante pour interpeller le lecteur sans jamais le forcer à une pensée unique qui serait contraire au grand souffle de liberté qui traverse ce roman de la première à la dernière page.

Posant les étapes du chemin de croissance de Amira, petite princesse au sein d’un foyer heureux qui l’aide à grandir et à se développer femme et libre, l’auteur nous conte le cycle des saisons d’une vie : Le printemps de l’insouciance et du petit être en plein développement harmonieux, l’été d’une amitié qui se développe entre Amira et Loubna, l’automne avec les malheurs de la vie qui secoue nos certitudes et l’hiver qui ne tient aucune des promesses de l’été, pas plus que les espoirs de l’automne et se termine de manière dramatique.

Enfant, Amira passait beaucoup de temps à aider son père aux travaux du potager. Sa mission était d’arracher les mauvaises herbes… notion qui apparaît d’autant plus complexe que la fillette grandit, devient femme et se doit de poser des choix et d’en accepter d’autres qui semblent contraire à ses désirs profonds. Comment combiner l’épanouissement dans le travail, la condition de mère et le droit d’être femme, égale de l’homme ? Comment vivre cet équilibre légitime quand pèse injustement sur les épaules le poids des traditions déguisées en préceptes religieux ou en vertu cardinale d’obéissance à la parole de l’autre, le père, l’homme, le mari ?

Être libre exige-t-il d’accepter le drame, voire de le provoquer ?

Toutes ces questions, abordées avec délicatesse par Yves Montmartin, ne peuvent laisser le lecteur indifférent. On entre facilement dans ce livre, on en ressort plus lentement tant l’esprit peut rester marqué par ce quotidien de tant d femmes et nous pousser à nous interroger à propos des choix que nous posons, que nous acceptons ou dont nous sommes les témoins, parfois même les juges !

Plus qu’un roman féministe, La mauvaise graine est un portrait de notre société. Est-ce celle que nous souhaitons pour nous, nos enfants et les petites princesses qui viendront égayer leurs foyers ?

Merci à l’auteur qui m’a donné la possibilité d découvrir son travail et d’apprécier la fluidité de sa plume parfaitement mariée à la profondeur du traitement de son sujet.

Ce qu’en dit l’auteur :

Restée seule au milieu du jardin, la petite fille s’est relevée. Il ne lui reste plus qu’un ou deux mètres de terrain à travailler. Elle se rappelle les paroles de son père : « les mauvaises herbes, il faut les déraciner. Une fois que tu as bien supprimé les racines, la plante ne repousse plus, elle est morte à jamais ».

Elle ne se doute pas que dans son cœur commence à germer une graine de mauvaise herbe ; elle ne sait pas à ce moment précis qu’elle aussi, un jour, elle sera déracinée.

D’Alger à la banlieue lyonnaise, ce roman raconte le destin tragique d’une jeune femme algérienne, qui petite fille rêvait d’indépendance et de liberté et qui va se retrouver emprisonnée par le poids des traditions et de la religion.

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