#FRONTIÈREBELGE #NetGalleyFrance

De Nicolas Freeling

Editions : L’archipel (1er avril 2021)

EAN : 9782809841640

Traduction (de l’Anglais) :

M. de Molike-Huitfelde et Ghislaine Lavagne. (Revue par Rémy Lambrechts)

Ma cote : 8 / 10

Ma chronique :

Fallait-il rééditer ce grand prix de la littérature policière datant de 1963 et de 1965 pour la première traduction française ?  Ce n’était peut-être pas une absolue nécessité mais cette prochaine sortie aux éditions de l’Archipel (O1/O4/2021) sera néanmoins une excellente chose.

Car ce polar à l’écriture vintage remet à l’honneur un flic tel qu’on les a aimés alors avec la série des Maigret signée Simenon. « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » dirait encore Arletty à Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’. Car le cœur même du roman est là, dans son ambiance. Ce n’est pas le macabre des situations qui prime, ni la technologie de pointe qui fait avancer le scénario à coups d’analyses et d’expertise de labo. La violence y est peu présente et expliquée. Ce qui compte, qui induit les pistes à suivre et met au jour les actes et leurs mobiles, ce sont les rencontres, les approches psychologiques de terrain, mieux, de terroir. On sent l’âme d’un pays, d’un bled et la manière de penser, de jauger et de juger de ses habitants. On y relit les préjugés locaux sur l’autre, tous les autres, chacun caricaturé dans ses travers ou ses habitudes considérées comme tels. Nicolas Freeling, l’auteur nous immerge dans un monde opaque, un milieu de contrebande, et pas n’importe laquelle, une originalité qui ne pouvaient se vivre que grâce aux frontières, dessinées parfois sans raison, qui séparaient nos petits pays aussi sûrement que le rideau de betteraves sépare encore les hesbignons francophones des flamands dans mon plat pays dont la devise est pourtant « L’union fait la force » !

Sous la plume de Nicolas Freeling, l’enquête prend le temps de naître d’une ambiance, de la complexité humaine qui se découvre en prenant le temps, qui s’apprécie au-delà du cliché ‘flic-voyou’ et qui s’appuie sur une dramatisation équilibrée des petits travers humains, une personnalisation des paysages qui deviennent personnages du roman et des rencontres au bord de l’eau, des cafés, bières ou vins partagés entre les protagonistes.

Avec un inspecteur de police, Van der Valk, érudit, épicurien et, bien sûr, juste assez à côté des clous pour pouvoir jouir d’une liberté de ton et d’action qui font de lui le maître de l’enquête, l’auteur signe un polar chargé d’humanité qui m’a procuré bien du plaisir !

Merci à NetGalley, France et aux Editions de l’Archipel pour ce Service Presse numérique et leur confiance. Dieu que cela fait du bien de lire un bon petit polar d’antan !

D’après l’éditeur :

Intello, iconoclaste et gourmet, l’inspecteur Van der Valk, du Bureau central de police d’Amsterdam, est le héros d’une série de romans exceptionnels à plus d’un titre : études de mœurs, description d’un pays, intrigues issues de conjonctures humaines dramatiques.

Ce roman se déroule dans les années 1960 quand il existait encore des frontières entre la Belgique, la France et les Pays-Bas. Une enquête menée à l’ancienne, où l’inspecteur prend son temps pour saisir la psychologie de la victime, s’en imprégner.

Ce livre a été publié en 1963 sous le titre Gun before boter. Une première traduction française, chez Plon, est sortie en 1965. La réédition des enquêtes de l’inspecteur Van der Valk permet de redécouvrir ce « cousin hollandais » de notre Maigret si cher à Simenon.  Van der Valk ne cessera de croiser la route de la belle et désinvolte Lucienne Englebert, dont le père, chef d’orchestre de renom, a récemment perdu la vie lors d’un accident de voiture.

Puis l’inspecteur pensera l’avoir totalement perdue de vue, accaparé par la mort a priori banale d’un homme, poignardé à Amsterdam, il a d’autres pelotes de nœuds à démêler.
L’affaire, bien sûr, sera tout sauf banale, car cet homme aux multiples identités obligera notre atypique policier à traverser la frontière belge pour démanteler un trafic transfrontalier. Van der Valk tombera de nouveau sur la troublante Lucienne…

La série imaginée par Nicolas Freeling met en scène l’inspecteur Van der Valk, le  » cousin hollandais  » de Maigret qui nous replonge dans des ambiances un peu oubliées, bien loin des polars de la nouvelle génération. Curieux et loin d’être déplaisant !

2 commentaires sur « Frontière belge »

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