De Kévin Oronos

Edition Librinova

EAN :  9791026275091

Essai

Couverture : Dreitza

Ma cote : 6 / 10

Ma chronique :

Voilà un essai, curieux, annonçant lors de la présentation de l’ouvrage la prétention de l’auteur de traiter l’observation d’un mal-être généralisé de la population en replaçant ce regard de citoyen au coeur des questions sociales et des crises de notre temps. Le tout, traité à la lumière de l’histoire des gouvernances se prétendant démocratiques. Vaste projet ! Trop vaste peut-être ?

Très tôt, dans ma lecture et jusqu’au bout, j’ai été dérangé par des informations manquantes. Alors que le livre est excessivement bien référencé et illustré d’exemples, jamais, à aucun moment, je n’ai su d’où parle l’auteur, Kévin Oronos, avec quelle légitimité et donc quel est le pouvoir qui est censé en ressortir renforcé.

Quatre axes de réflexion permettent à Kévin Oromos d’aborder son sujet et de le développer tous azimuts: la place de l’art contemporain assujetti au marché et les bénéfices qu’il peut produire, la philosophie dissoute dans l’air du temps, la réduction de l’Être au seul profit utilitaire et la gestion économique et sociale de nos sociétés qui transforme, sciemment, notre Terre en bourbier nécessitant l’intervention (de secours) de l’Etat qui en retirera, une fois de plus, un surcroît de pouvoir sur l’individu de moins en moins citoyen.

A force de vouloir brasser autant d’idées, dans le but d’être complet, d’étayer le raisonnement et de convaincre, peut-être l’auteur en fait-il trop au risque de perdre ses lecteurs en cours de route.

Suivre est d’autant plus compliqué que l’auteur en arrive vite à imposer sa perception du fonctionnement du Monde avec au sommet, des politiciens véreux qui ne visent qu’à créer, à tout le moins permettre une série de dérèglements et de conflits qui les fera apparaître, lors de leurs interventions musclées et liberticides, comme les sauveurs du peuple alors qu’ils n’en seraient, en fait, que les manipulateurs au seul service de leurs intérêts personnels. Vision cynique, complotiste de l’auteur qui, peut-être a-t-il raison, est présentée sans nuance comme la seule vérité possible. Pour rappel, Kévin Oromos signe ici un essai, il se prévaut donc de toutes les libertés que lui offre ce genre littéraire.

J’ai tout de même regretté, plus d’une fois, des structures de phrases quelque peu boiteuses, des libellés dont l’agencement des mots heurtait l’oreille et qui, souvent, m’obligeaient à une seconde lecture pour être sûr d’avoir capté le sens du texte. Un travail plus pointu de relecture, d’allègement des phrases et un élagage visant à ne garder que l’essentiel du raisonnement faciliteraient grandement le travail d’appropriation des idées par les lecteurs.

Il n’en reste pas moins vrai que la structure de cet essai est bien présente mais excessivement complexe et construite en sauts de puce. Passant d’un sujet à l’autre, Kévin Oromos entraîne son lecteur dans une multitude de domaines pour lesquels on se demande où et comment il a pu acquérir une expertise l’autorisant à professer ses visions et croyances. Car tout y passe : les grands courants et l’histoire de la Philosophie, les notions de génies, d’essence, de réalité métaphysique. La logicité et la critique transcendantale (vous me suivez toujours ?) et des notions ‘basiques’ telles l’objectivité et la subjectivité, l’école assimilée à une culture de l’échec, l’intelligence sériée en masculine ou féminine, la surdouance et l’autisme (avec des rapprochements qui, à tout le moins, posent questions et sèment le trouble) ou encore l’hyper spécialisation opposée à la polymathie…. (Non, non, ne sortez pas encore ! Attendez d’avoir tout lu, vous comprendrez peut-être bien plus facilement que moi !)

Car, c’est un fait, un tel livre est curieux, interpellant. Il faut le lire pour entrer dans le processus de pensée de l’auteur et se laisser interpeler par les ponts qu’il jette entre les sujets et les situations apparaissant disparates au premier abord.  Mais c’est une approche originale. A ce titre, elle mérite d’être lue et réfléchie. Même si, en certains endroits l’auteur suscite la polémique, son ton engagé vaut d’être entendu. Quoi de mieux pour un lecteur que de se laisser désarçonner face à des analyses nouvelles pour se reconstruire une vision plus subtile, plus riche, plus nuancée du Monde dans lequel il vit.

Et ce n’est pas la conclusion de Kévin Oromos qui contredira les lignes précédentes. En effet, l’auteur termine son essai en abordant une analyse croisée du destin européen et du message du Christ. D’une manière plus large encore, de l’intérêt des religions pour fédérer les peuples et en permettre une gouvernance citoyenne ouverte sur le service d l’autre et la mission.

Une telle approche mérite d’être prise en considération. C’est un essai. Kévin Oromos ouvre la réflexion, pose le débat. Aux lecteurs de trancher et de dire si, à leurs yeux, l’essai est transformé en réussite !

Bonne lecture à ceux qui s’en donneront les moyens et merci à Librinova qui m’a envoyé ce livre en  version numérique, en Service Presse.

Ce qu’en dit l’auteur :

Si à travers les questions sociales et les crises de notre époque, chacun peut sentir et faire l’observation d’un mal-être généralisé, il peut être difficile de remonter à sa source et de se poser cette question : qu’est-ce qui cloche avec l’esprit du temps ?

Art contemporain à la solde du marché, philosophie dissoute dans l’air du temps, réduction de l’être à ce qui est pratique, et bourbier économico-social. C’est à travers ces quatre axes que cet essai tente de répondre à cette question avant de conclure en proposant une voie messianique, chère à la civilisation occidentale.

Je découvre le livre

Note sur l’auteur :

Biographie :

A la suite d’une période de déscolarisation après le lycée, je me suis cherché en enchaînant les petits boulots, mais aussi les lectures afin d’appréhender la société qui m’entoure avant de reprendre mes études.

Aujourd’hui, à 25 ans, quelques années d’université plus tard, beaucoup de lecture, et un esprit autodidacte qui tient bon face à la pensée unique, j’ai voulu faire le lien entre quelques réflexions pour les proposer dans un ouvrage.

2 commentaires sur « Critique de la raison contemporaine »

    1. @laboucheaoreille: En effet, j’ai des réserves mais je reconnais au genre ‘Essai’ l’espace pour provoquer ces réserves, puits sans fond des ‘oui, mais…’ Je me suis laissé attirer par quelques bonnes questions même si je n’en partage pas la totalité des réponses.

      Aimé par 1 personne

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