De Marie-Astrid Roba

Nouvelles

Editions : Academia (30/10/2019)

EAN : 9782806104953

136 pages

Ma cote : 9/10

Ma chronique :

Face à la mer, qu’il est bon d’écouter la vie ! Marie-Astrid Roba excelle dans l’art d’entendre le monde, surtout celui du quotidien. De le saisir par des mots judicieusement choisis pour en écrire les mélodies qui prennent naissance à marée basse, là où les fractures se dévoilent, là aussi où une nouvelle remontée vers la vie est promise.

Dans le cœur de Marie-Astrid Roba, belge habitant le magnifique plateau de Herve, bat la force des vents de Bretagne qui poussent la vie mais exigent une vigilance de tous les instants pour ne pas se laisser emporter. Elle connait la puissance des marées qui, inlassablement, montent, descendent et rythment la vie. Elle a expérimenté le climat changeant qui tantôt caresse et réchauffe les cœurs, tantôt les abrutit de souffles destructeurs ou les trempe de mélancolie.

Dans son recueil de nouvelles, Marie-Astrid Roba nous plonge au cœur des ces météos humaines qui glacent ou ravivent les relations. Le lecteur est imprégné de cet embrun qui nous dit que la vie est énigmatique mais que l’Homme peut la vivre et lui donner sens. Encore doit-il être vigilant.

Quinze nouvelles, quinze brèves qui reflètent le jour, celui qui profite du soleil, celui qui passe à travers la pluie. Une invitation à lire la vie comme on contemple une plage, lieu de tous les horizons, de tous les possibles.  Et faire confiance. Même si le cosmétique camoufle une panoplie de vies cachées, de vies à inventer. Même s’il est vrai qu’une mère ne peut vivre l’explosion qui ravage le cœur de son enfant, même si le bleu du ciel ne peut toujours s’accommoder des détails mesquins de la vie partagée. Même si, même si…

Avec une variété d’écritures qui m’a fait penser aux consignes contraignantes qui développent la créativité dans les ateliers d’écriture et toujours avec un phrasé qui se joue des mots, l’autrice nous prête son regard bienveillant et nous invite à découvrir les multiples facettes de nos quotidiens. Avec ses drames cachés, ses prises de pouvoir inavouables, ses besoins de prendre le large, de respirer enfin pour soi tout autant que de prendre soin des autres et se montrer responsable.

Un beau premier recueil qui, malgré la gravité de certains sujets, ne sombre pas dans le pessimisme ambiant que l’appellation ‘marées basses’ pourrait faussement laisser craindre. Sans hésiter, le lecteur peut ouvrir ce recueil et toujours revenir vers la mer. Après tout, si la marée basse révèle les failles de l’être, elle ne peut que le pousser ensuite vers une marée haute qui le replonge, enrichi, dans la vie.

Merci à E., cette amie qui m’a parlé de ce livre et m’a permis de découvrir une plume à suivre.

 Ce qu’en dit l’éditeur :

À marée basse, les distances s’étirent, les fractures se dévoilent.
À marée basse, François décide de partir. La petite Zoé veut remplir son arrosoir. Akin doit faire vite. Samuel erre dans sa ville autant que dans sa vie. Tiago va peut-être mourir.
À marée basse surgissent des questions : que cache Adeline sous son maquillage ? Qui est cette femme au manteau rouge ? Qu’est-ce qui ronge Mathilde ? Qu’y a-t-il derrière la porte du bureau ?
Les personnages de ces quinze nouvelles vont et viennent dans leurs quotidiens un peu chahutés, un peu délavés. Ils ne sont ni de la terre ferme, ni du large. Ils nous rappellent la complexité des rapports humains mais ils savent, comme nous le savons aussi : la mer, toujours, finit par remonter.

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