de Richard de Clausade

Auto-édité: 19/09/2019

ISBN: 9781692968769

Ma cote: 2/10

Mon avis:

L’objet de ce livre, comme les objectifs d’écriture de son auteur me sont apparus nébuleux. L’auteur, à propos de ce titre auto-édité, nous dit d’abord bonjour (c’est gentil) et nous partage sa colère. Colère qu’il rumine depuis toujours, dit-il, et qu’il nous colle sur le dos (c’est abusif et indélicat), décidant d’autorité qu’il est loin d’être le seul à en vouloir au monde, ce mal foutu. La preuve ? Depuis toujours chaque génération dépense une énergie considérable à vouloir le changer ou à vouloir changer les gens qui l’habite. Or, il ne tourne pas plus rond pour autant.

De l’auteur, personne ne peut savoir ce qui lui confère une autorité sur le sujet traité. Rien n’est dit à propos de son parcours, de sa formation initiale, de ses expériences antérieures ou de ses méthodes d’investigations permettant de valider ses propos.  Je sais qu’il donne à son livre le statut d’Essai… mais, tout de même, ou il en dit un peu plus sur lui et le cadre. Ou l’essai peut tout au plus revendiquer le statut de brouillon.

Néanmoins, avec intérêt, je commence à lire. J’observe Richard de Clausade qui se lance dans une approche ensembliste de sa vision du monde. Il surfe sur un vocabulaire mathématique, quelque peu dépassé par ailleurs, et surtout incorrectement maîtrisé lorsque, par exemple, il parle de réunion et oblige tous les composants de l’ensemble à ne jouir que d’un statut unique. De ces quelques pages au vernis sémantique fissuré, il glisse et tombe dans la théorie des relations d’où il déduit un ensemble de propositions qu’il présente comme logiques et donc univoques alors que, le plus souvent, l’existence d’un contre-exemple doit ramener ces affirmations au statut de croyances, tout au plus. Par exemple, lorsqu’il confine la femelle au seul rang de génitrice et d’éleveuse de descendance, il oublie l’existence d’animaux hermaphrodites, d’oiseaux mâles couvant les œufs à part égale avec la femelle ou encore de coucous meurtriers, mâles et femelles, déposant leurs œufs en nourrice dans d’autres nids que le leur.  

A force de vouloir tout illustrer, l’auteur complique la lecture, d’autant que, de son côté, il se lance dans des ramifications de plus en plus complexes qui transforme son argumentaire en usine à gaz. « Trop is te veel » (trop, c’est trop) comme on dit encore parfois dans mon pays non encore scindé… Ma patience de lecteur atteint son point de rupture. Pour se faire comprendre, l’auteur multiplie les exemples et comparaisons avec le monde animalier. Mais ses exemples sont choisis, sélectionnés pour servir sa cause et, le plus souvent, entachés d’un anthropomorphisme plus que douteux !

L’ensemble ne tient plus la route. Il m’est impossible de valider ses conclusions et j’éprouve même beaucoup de difficultés à seulement entrer en réflexion à défaut de pouvoir cerner la réponse.

C’est dommage. Car « Coexistence » traite d’un sujet qui mérite débat. Mais, à l’évidence, avant de débattre, il faudrait davantage cerner la question et peaufiner le protocole d’observation des données pouvant alimenter la réflexion.

Je n’ai pas été convaincu par les affirmations qui m’ont été proposées. A l’exception, je le reconnais, de la pensée fondamentale mise en exergue : « Réfléchir ne rapporte souvent rien, mais ne pas réfléchir coûte toujours très cher ». Eminente observation attribuée à un anonyme drapé de sagesse et auréolé d’humour.  Rien que pour cette idée à méditer et pour le coup de projecteur donné sur la question d’un monde quelque peu grippé, je remercie NetGalley et l’auteur de m’avoir permis de découvrir ce titre.

Ce qu’en dit l’éditeur/auteur:

Bonjour,

Très tôt dans la vie, je me suis aperçu qu’au fond, depuis toujours, j’étais en colère et, mieux encore, que du plus puissant au plus petit d’entre nous, j’étais loin d’être le seul ! Mais en colère pourquoi ? Contre qui ? Contre quoi ? Tout simplement contre le monde, puisque, somme toute, il est mal foutu.

N’est-ce pas d’ailleurs la raison qui fait que chaque génération dépense une énergie considérable :

– pour les uns, à vouloir le changer…

– et pour les autres, à vouloir nous changer…

le tout… sans jamais y parvenir ?

Mais alors pourquoi, malgré le temps passé, l’expérience acquise, l’intelligence, la sagesse, la religion, la philosophie, les arts, la science, le progrès… voire les révolutions, les guerres, les massacres… le monde s’obstine-t-il, encore et toujours, à être mal foutu et nous, encore et toujours, imparfaits ?

Voilà une bonne question ! Et pourquoi, à défaut d’y répondre, ne pas tenter d’y réfléchir ?

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