de Serge Filippini

Edition: Phébus (16/08/2018)

Ma cote: 8 / 10

Mon avis:

Avec « J’aimerai André Breton », Serge FILIPPINI et les Editions Phébus gagnent leur pari ! La vraie nature de cet auteur est la fiction. Avec bonheur, il crée donc et donne vie à Chance Salvage, une égérie s’offrant à André Breton pour l’inspirer et surtout lui apprendre à aimer. Dans ce récit, la relation charnelle ne dure pas. Peu importe, la mise en perspective de la vie d’André Breton, de son entourage, de son époque, de ses combats, ses engagements, sonne particulièrement juste et se trouve être en adéquation parfaite avec la force et la fragilité, la détermination et les doutes, les rêves et les peurs attribués à Chance Salvage, l’héroïne en quête d’absolu et de surréalité.
Ce roman révèle, une fois encore au public, ce pape du Surréalisme qu’a été André Breton. L’auteur y manifeste une grande maîtrise du sujet et le lecteur, en quelques 185 pages, peut pénétrer dans ce monde dépassant le réel et s’immerger dans la poésie de ce mouvement artistique ayant émergé après la première guerre mondiale.
Marqués par le rejet de toute construction raisonnée de la pensée, les surréalistes aiment la déraison, l’absurde et le rêve. L’existence doit se vivre dans la révolte, le désir et le dépassement de tout ordre moral. C’est exactement de la sorte que Chance vivra la dépossession de son corps, à ses yeux, violenté par l’homme avec qui elle partage pourtant sa vie et son lit. de la même façon, dans l’absolu de la déraison, elle s’offrira au Katangais, s’imposera au pape et à son entourage, donnera la vie, en reprendra une autre, partagera l’excessif de Mai 68 et consacrera finalement le reste de sa vie à une quête mystique, surréaliste, elle aussi !
Ce roman, comme bien d’autres mais de manière unique, tente de réponse à la question originelle du « Qui suis-je ? »
Pour chacun des personnages, cette quête d’identité est le fil rouge de ce récit. Et jamais Serge FILIPPINI n’emmêle ses idées et n’entortille ses fils. Aisément, le lecteur suit cette écriture au vocabulaire riche et pointu tant est captivante l’histoire, l’époque et cette soif d’absolu qu’il partage au fond de lui.

Ce qu’en dit l’éditeur:

« Elle avait gardé toute la nuit Nadja serré entre les cuisses – comme si elle avait attribué à ce livre un pouvoir magique. Mais le petit volume à présent lui comprimait le ventre. Elle l’avait toujours à la main quand elle s’est levée pour aller aux toilettes. Elle a pris au passage, sur la table, un Bic noir appartenant à l’auberge. Dans le cabinet, elle a ouvert Nadja sur ses genoux à la page de titre et écrit méticuleusement J’aimerai au-dessus du nom de l’auteur, en script du même corps. Elle a tracé avec art toutes ses lettres afin que la mention nouvellement composée J’aimerai André Breton soit bien unifiée, et que ses propres caractères paraissent eux-mêmes sortir de l’imprimerie. »

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