Par Gilly MacMillan

Editions: Les Escales

ISBN: 9782365694636

Ma cote: 7 / 10

Ma chronique:

Un roman policier signé Gilly MacMillan qui n’en est pas à son coup d’essai, loin de là. Celui-ci est-il un coup de maître pour autant ? Pas tout à fait. Le fond de l’histoire est bon sans doute mais loin d’être original. Le lecteur aura probablement assez vite l’impression de lire un scénario de série Télé. Est-ce la faute du livre ? Probablement pas, pas plus, en tous cas que la faute des responsables de programmes qui nous servent les mêmes concepts à longueur de soirée.

Allez, calez-vous dans le fauteuil, livre sur les genoux ou TV allumée et pourquoi pas les deux ? Vous assistez à la découverte de deux cadavres près du cynodrome. Horreur, deux enfants ! Peu de temps après, les ossements humains d’une troisième personne sont amenés au jour par les ouvriers d’un chantier chargés d’augmenter la surface d’un parking d’une grande surface commerciale. Pas loin, juste à côté ! Les deux affaires sont-elles liées ? Et vous voilà à suivre, docilement et sans beaucoup de surprise une affaire type cold case ! Vieille histoire classée, coupable désigné et confondu comme tel au détriment d’une analyse  sérieuse de toutes les pistes qui auraient alors dû être envisagées et les sempiternelles questions : Pourquoi la police a-t-elle bouclé et plié si vite cette affaire ? Pourquoi de cette façon ? Qui protégeait qui ? Qui est pourri, ou le plus pourri dans cette histoire ? 

Je n’en dirai pas plus, il reste tout de même du plaisir à lire.

La nouveauté, dans l’écriture de ce récit, est l’introduction d’un pseudo-journaliste freelance d’investigation qui lance un podcast à épisodes, « L’heure de vérité »… Manière habile pour l’auteur de découpé son histoire, ses histoires, en tranches, plus facilement vendables aux lecteurs/auditeurs suivant ces reportages destinés aux voyeurs populaires qui se cachent derrière les nobles avides de pseudo-vérités entretenues pourtant sans aucune éthique par le baveux de service.

De ce point de vue, il faut reconnaître que l’auteur utilise un penchant addictif de nombre de consommateurs du web ! Le faux, sur la Toile, est d’autant plus crédible qu’il est habillé de respectabilité factice dans le chef des chercheurs de like et followers. Moins les suiveurs auront de sens critique, plus les producteurs de vide seront gagnants ! Cruelle mais triste image de notre consommation de rumeurs destinées à nous faire oublier nos propres difficultés de vie. ‘Panem et circences’ disait les anciens, ‘Pizza et fake news’ continuent à nous asséner les maîtres des réseaux dits sociaux ! Gilly MacMillan surfe dessus, elle est de son temps !

Mais l’écriture, autre image de notre époque, est parfois lourde, plombée à chaque début de nouveaux points de vue par ces bandes-annonces  publicitaires qui fidélisent les consommateurs pouvant se rattacher à leur feuilleton mais énervent les observateurs critiques qui savent tout de même déjà où ils sont…  Une fois de plus, sur la forme aussi, Gilly MacMillan surfe sur son temps ! Pourquoi aurait-elle tort ?

Je me suis donc trouvé en présence d’un livre respectant les codes, un livre qui aurait pu me plaire. Pourquoi n’ai-je donc pas vraiment accroché à ce récit ? Probablement parce que cette double facette de mon temps m’exaspère. Même si l’autrice, Gilly MacMillan, offre une image juste et fidèle de notre époque, j’ai pris conscience que je ne nourris aucun appétit pour l’entretien et la manipulation des rumeurs et je n’apprécie pas plus le matraquage publicitaire pour des émissions ou films vides de toutes valeurs humaines.

Il ne me restera de ce livre que la satisfaction d’avoir pointé sans y succomber ces deux faits de société qui ne font pas honneur à notre temps ! Merci donc à Gilly MacMillan qui a joué pour moi au miroir ‘réfléchissant’. Merci également à NetGalley, France et aux éditions les Escales pour leur confiance à mon égard.

A propos de l’autrice :

Gilly MacMillan est l’autrice de quatre romans publiés en Français par les Escales. Ne pars pas sans moi,  La Fille idéale, Les meilleurs amis du monde et celui qui nous occupent aujourd’hui, Je sais que tu sais. L’autrice, vit à Bristol et y exerce, en plus de l’Ecriture, le métier de professeur de photographie. « Je sais que tu sais » et « Les meilleurs amis du monde » sont actuellement dans les rayonnages de toute bonne librairie qui se respecte !  

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