de Alain-Fabien Delon

Les références:

ISBN : 2234086078
Éditeur : STOCK (06/02/2019)

Ma cote: 7 / 10

En 10 lignes, max! (par Frconstant)

Quand on est « fils de », on se doit d’être en rupture ou supérieur à son ascendant pour exister. Le premier roman de Alain-Fabien DELON, ‘De la race des seigneurs’, tente, par une production littéraire propre et recevable, de sortir de cette impasse où il est coincé depuis si longtemps entre rancune familiale et frasques trash. Ce n’est pas un règlement de compte … quoique! C’est une mise à plat, fictionnelle et thérapeutique, d’une enfance et jeunesse serties dans l’or et l’indifférence, la reconnaissance et le mépris, la tyrannie et l’amour démesurés ou ressentis comme tels. Avant d’aimer – ou non – , le lecteur se laissera porter par l’écriture fluide et vitriole du fils et se confrontera aux images qu’il se faisait du Père et de la vie de rêve que ne peut que mener un fils de la race des seigneurs! De mon côté, je suis sorti conscient de la chance de n’être … que moi!

Ma critique:

On connaît le père, Alain, on croit connaître le fils apparu comme mannequin, acteur et plus souvent comme déclencheur de titres de faits divers prisés par la presse people.

On découvre un Delon qui, pour exister, veut se faire un prénom, Alain-Fabien, labellisé dans le cercle ‘culturel’ de l’Edition. La maison des Editions Stock ne s’est pas trompée. En ouvrant sa collection Arpège à Alain-Fabien Delon, elle sait que le public prendra le livre en main et l’aimera pour sa lecture aisée, son petit côté ‘cancans people’ que d’aucuns aiment exhiber ci ou là, ou encore, plus profondément, pour les questions que soulèvent le fait d’être ‘fils de’ et le manque de structuration psychologique que peuvent provoquer les séismes qui, trop souvent, existent entre le rôle publique tenu par une vedette et sa fonction de père inconditionnel de son enfant.

Au cours de la lecture, on se prend donc à avoir envie de foutre des baffes, tantôt au Père (ou à la mère), tantôt au fils. On se surprend à ne même pas pouvoir imaginer les violences psychologiques vécues par l’enfant, l’adolescent. On hésite à croire à la vérité du dit … et on se rappelle, qu’après tout, il ne s’agit que d’une fiction mettant en scène un jeune Alex Delval, 18 ans, en prise avec les démons de son âge, de son époque ou de ses parents. Et le jeu se calme…

Sauf que, c’est pas un jeu. On ne peut s’empêcher de donner visages connus au Père comme au fils… Et on s’interroge sur son propre parcours. Sur l’équilibre qui a été – ou non – préservé pour nous et qui nous permet d’être – ou non – les deux pieds sur terre, dans la vie, la vraie, celle de Monsieur et Madame Toutlemonde.

Au-delà des questions qu’on pourra se poser, il restera l’idée d’une plume qui signe un premier roman agréable à lire. ‘De la race des seigneurs’ est effectivement suffisamment caustique et réaliste pour éviter le pathétique. L’auteur, équilibriste, reconnaît que son texte relève pour une large part de son propre vécu mais qu’il reste un roman. Au lecteur à faire la part des choses et à réaliser qu’il peut être insupportable d’être ‘le fils de’, surtout quand ce dernier est un monstre sacré du cinéma, des Affaires, des plateaux de télévision et de la Jetset!

Ce qu’en dit l’éditeur:

Une vie peut-elle basculer en une nuit ? Alex Delval, dix-huit ans, rêve de devenir acteur comme son père. Mais alors qu’un rôle lui est offert, le doute l’assaille violemment. Happé par ses démons, il se réfugie dans l’alcool. Une rixe éclate. Rideau. Quand il reprend ses esprits, Alex se trouve face à un homme qu’il ne connaît pas. La soixantaine, le regard bon. Un psy. Dans les profondeurs de la nuit, une complicité inattendue va naître entre eux. Pour la première fois, Alex osera se livrer. Comment devenir soi quand on a grandi dans l’ombre d’un mythe ? Comment dépasser l’image du « fils de » pour s’emparer enfin de son destin ?

Un père, un fils. L’amour, la haine.

Et une vie à construire. 

Ce qu’en dit la presse:

Avec De la race des seigneurs, le cadet des Delon semble vouloir tourner la page avec ce passé tumultueux. En écrivant «un truc beau» et non pas «une autobiographie trash», le jeune homme qui jouait dans le film de Eva Ionesco, Une jeunesse dorée, sorti au cinéma le 16 janvier dernier, assure ne plus être «dans la revanche». Utiliser son passé à des fins artistiques, un but presque aussi thérapeutique que celui de son personnage. Alex Delval, fils d’acteur, souffre d’une très mauvaise relation avec son père, et sombre dans l’alcool et les angoisses. Avant d’enfin trouver l’espoir, auprès d’un psychanalyste, d’un jour «devenir soi». [ Figaro ]

«Aujourd’hui, je suis un mec normal, fier et sans rancune» affirme Alain-Fabien Delon. De son père, il espère désormais qu’il «va vivre bien longtemps pour [le] voir arriver très haut». Mannequin, acteur et maintenant écrivain, le dernier du clan Delon a toutes les cartes en main pour, à son tour, s’émanciper de l’ombre paternelle.

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