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Ce qu’en dit l’éditeur:

Après avoir commis « la seule faute impardonnable du début du XXIe siècle » – exprimer publiquement une opinion impopulaire –, Adeline, célèbre illustratrice de bande dessinée, devient la cible d’attaques haineuses sur les réseaux sociaux. Ellen, une jeune femme de vingt-deux ans sans histoires, subit le même sort lorsque des photos de ses ébats sexuels avec son petit ami du lycée se propagent de manière virale sur la toile. Dans le San Francisco de 2013, elles ont fait l’erreur d’être des femmes au sein d’une société qui déteste les femmes.
Dans Je hais Internet, Jarett Kobek pose un regard satirique sur une société hyper-connectée, tout acquise au virtuel, intrusive. Il s’en prend à l’idéal libertaire aux origines d’Internet, et se demande comment les géants du net ont réussi à générer des milliards de dollarsen exploitant la créativité d’internautes impuissants, sans rencontrer d’opposition. À l’ère du sacre des réseaux sociaux, un récit jubilatoire et salutaire.

Ma cote: 8/10

Mon avis:

Grâce à Netgalley et aux éditions Fayard que je remercie vivement, j’ai pu découvrir le livre de Jarett KOBEK, ‘Je hais Internet !’ (Fayard, 10 janvier 2018)

Véritable uppercut envoyé à la face d’Internet, le livre de Jarett KOBEK est à la fois jubilatoire et fastidieux !

Jubilatoire, parce que l’auteur s’éloigne du politiquement correct habituellement distillé à propos de la Toile par les penseurs, philosophe, anthropologues et autres sages qui savent tourner leurs phrases pour charger et décharger ceux qu’ils prétendent observer, disséquer et juger – pardon, observer – en tant que chercheurs ‘es humanité’ !

A l’inverse, Jarett KOBEK ne manque pas de nous le rappeler, beaucoup d’utilisateurs de la Toile ont un vocabulaire et une syntaxe disponibles aussi faibles qu’est grande leurs certitudes d’avoir raison lorsqu’ils se prononcent à propos de tout et de rien, le plus souvent dans la mauvaise foi, l’injure, la calomnie mais la conviction d’exercer, enfin, leur droit à la parole !

Kobek ne se distingue pas par sa prudence. Le clou, il l’enfonce, parfois sans beaucoup de discernements mais toujours avec l’élégance d’une mauvaise écriture qui donne naissance à un mauvais roman qui mélange tout et ne construit rien.  Ce n’est pas vraiment moi qui le dit, c’est l’auteur lui-même qui revendique cette écriture digressive et l’appellation ‘mauvais roman’ ! En fait, collant à son sujet, il écrit comme sur la Toile, pour le meilleur, le pire et parfois aussi le rire !

Jubilatoire aussi tant ce qu’il dit pousse le lecteur à l’arrêt, la réflexion, la prise de conscience, voire même la culpabilité.

Fastidieuse, la lecture l’est par la structure du récit ou son manque, par l’explosion de références impossibles à vérifier qui confine parfois le discours dans un délayage de détails propre à perdre le lecteur.

De plus, maniant parfaitement les codes de l’écriture sur la Toile, l’auteur use et abuse de ceux-ci et, revers de la médaille, énerve parfois le lecteur qui voudrait un débit régulier, fluide, centré sur la question traitée et, tant que faire se peut, une écriture respectant les standards d’une communication entre ‘lettrés’.

Mais, peu à peu, le lecteur tient un fil, celui qui permet de suivre Adeline, femme d’âge mûr, bardées d’expériences de vie, à la fois, professionnelles dans l’illustration de bandes dessinées, sexuelles et mondaines dans sa vie qu’elle pense privée. Et puis -Mais Dieu, à son âge, est-ce possible ? –  elle commet l’énorme faute de se lâcher en public, face à un groupe d’étudiants. Elle tient des propos qui ne vont pas dans le sens de la pensée unique. Elle dit ce qu’elle pense vraiment ! Le dit, capté puis catapulté sur Internet par un jeunot ne pensant même pas à mal, va changersa vie… Pas besoin d’en dire plus, au lecteur à découvrir le comment.

Quant au pourquoi ? L’auteur tient là son prétexte pour démonter les mécanismes d’Internet, des réseaux sociaux, Facebook, Tweeter (mention spéciale à la mise à plat de cette ‘Trumphabitude‘), Instagram et autres moyens de faire croire aux individus qu’Internet est une avancée humaine extraordinaire. Que depuis elle, le véritable droit à la parole, à la libre expression a fait un bond en avant et qu’il faut remercier la vie d’être de ce temps plutôt que de celui d’avant !

Tout y passe, l’exploitation des auteurs prestataires de services au service d’entreprises pour lesquelles ils créent du contenu sans en avoir la juste rémunération ou en garder la propriété. Les mécanismes de publication sur Internet qui privent l’individu de toute individualité et qui le poussent à rentrer dans le rang d’une masse non-critique pour un like qui donne l’impression d’exister. La crise des subprimes. L’invention du prix Nobel de littérature par la C.I.A. Marvel, Disney. Les sportifs de haut niveau résumés à des porteurs de maillots ‘Hommes-sandwiches’ destinés à faire du fric pour ceux qui les sponsorisent, les possèdent. Tout, selon Jarett KOBEK n’existe que pour une seule double finalité : La publicité qui génère de l’argent, toujours plus d’argent, pour ceux qui tirent les ficelles et, de l’autre côté, la négation même de l’individu et de son besoin d’exister pour lui et non par et pour Internet.

Une mention spéciale pour la couverture qui, reprend pour communication symbolique l’inverse du like que d’aucuns attribuent un peu vite à Internet.  Il est bon de se rappeler le temps où, à Rome, l’empereur masquait son impuissance à gouverner en dotant le petit peuple de pains et de jeux. Il allait même jusqu’à faire croire à ces petits qu’ils avaient le droit de réclamer la mise à mort des gladiateurs.  Et quand bien même, le peuple ‘likait’ le combattant, la vie de ce dernier, le plus souvent, n’était sauvée que jusqu’au faux pas suivant.  On devrait ne pas l’oublier lorsqu’on reçoit un ‘like’, l’inverse peut toujours suivre !

Les références:

Jarett Kobek

ISBN : 2720215546
Éditeur : FAYARD/PAUVERT (10/01/2018)

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