de Erwin Voos

Edition: inconnue

ISBN: inconnu

Ma cote: 5/10

Ma chronique:

Si Saint Bar m’était conté, un livre que j’aurais dû chroniquer depuis longtemps. Encore que, est-il acceptable de chroniquer un livre mémoire d’une institution locale? Un livre dont les commanditaires n’ont pas cru bon avoir une maison d’édition, un dépôt du livre (au titre du travail d’historien qu’il a imposé) ? Je me le demande. Mais j’ai été si longtemps attaché à St Bar que je m’en voudrais de ne pas m’exprimer à son propos. Que les amis de St Bar l’accepte, me le pardonne, s’il échet. Que tous ceux qui ne connaissent pas cette école se pose la question: Qui fait l’école, les directions, les circulaires, les habitudes ou l’âme qui habite ses acteurs sur le terrain?

Le livre, 256 pages, est illustré de nombreuses photos, près de 100 personnes indexées comme pourvoyeuses de documents, de récits, de souvenirs de tout ordre. Un travail de bénédictin, réalisé par Erwin Voos dans le cadre du 100e anniversaire du Collège Saint-Barthélemy à Liège.  Et encore ! L’année 2019 n’a pas fêté les 100 ans de l’école mais seulement le jubilé qui l’attache à sa vocation de Collège épiscopal de Liège. L’histoire avait commencé bien avant, sous l’égide des Frères des écoles chrétienne, par la fondation de classes de primaire en 1839. Hé oui, Saint Bar, à Liège, c’est une institution !

J’y ai fait mes études, y suis devenu prof de math, de religion, de sciences, de technologies et, peut-être et surtout, d’art dramatique. Être prof de math développant le théorème de Pythagore avec un nez de clown n’a plus vraiment de secret pour moi, pas plus que pour certains de mes anciens élèves, matheux dans l’âme de surcroît.

La charpente du livre est le fruit d’un travail d’historien. Une première partie analyse l’époque et les avancées pédagogiques amenées par les Petits Frères, une seconde, depuis 1919, reprend l’histoire de l’école à travers les onze directorats qui ont été à sa tête, marquant peu ou prou, la vie scolaire, le lien qui unit les enseignants et leurs élèves, celui, très marqués à St Bar du temps où j’y étais, de la collaboration extraordinaire que pouvait vivre l’école avec les parents. Beaucoup de ceux que j’ai connu alors sont encore des amis. Que dire des élèves et surtout de ceux avec qui j’ai bénéficié d’une complicité sans faille à travers les cours d’Art Dramatique que je donnais avec un collègue, Gilbert Debatice, connu par tous comme un maître en matière d’enseignement. De 1979 à 1994, Les Escholiers de Bueren, telle que nous appelions notre troupe, a créé plus de 17 spectacles dont, malheureusement, l’âme ne se retrouve pas dans ce récit froid, historique de la vie du Collège ST Bar. Les autres époques regrettent-elles la même absence ? Si je m’en rapporte à celle où j’étais élève, j’ai tendance à dire oui. Dommage.

De ce somptueux ouvrage, avec un titre emprunté à un de nos grands spectacle joué plusieurs fois en plein air – Si Liège m’était conté –, je m’attendais, vous vous en doutez, à retrouver dans ce livre mémoire, l’élan, l’esprit non des directions (même si je reconnais qu’elles y sont pour quelque chose) mais celui des élèves (au départ de tant d’initiatives), des profs (créateurs d’événements et de mobilisation des troupes), des parents (piliers indispensables pour conjuguer formation scolaire et projets d’émancipation, de construction de l’homme). 

Déçu. L’auteur, dont une fois de plus je souligne le travail d’historien, n’a pas entendu dans tous les témoignages, l’âme profonde de St Bar. Celle qui vient des élèves, des professeurs, des familles pour qui St Bar, avant d’être une direction était une famille.

Pour avoir participé à la recomposition de traces de toute cette dynamique et l’avoir transmise à l’auteur, je ne peux que regretter que le joug budgétaire de l’édition par le pouvoir payeur aie pris le pas sur la pertinence éducative qui méritait d’être soulignée et célébrée dans cet ouvrage.

Si Saint Bar m’était conté est donc un gentil livre commémoratif d’une époque qui ravira moult anciens, sans plus. C’est dommage.

Ce qu’en dit l’éditeur:

??? Je vous passe les pommades de circonstances lors de la présentation de ce livre dans un réfectoire de l’école, les travaux d’aménagement de la salle de spectacle n’ayant pas encore abouti à l’époque.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s