de David Van Reybrouck

Références:

ISBN : 233002942X
Éditeur : ACTES SUD (26/02/2014)

Ma cote: 10 : 10

Mon avis:

« Contre les élections » de David VAN REYBROUCK (Ed. Babel, 2014) est un plaidoyer pour la Démocratie… mais pas celle qui est communément admise (bien plus que pensée) de nos jours par nos constitutions. Une Démocratie qui ne sert pas, en premier, les Partis politiques et leurs ténors dont les premières préoccupations sont la réussite d’un bon score aux élections, l’accès au pouvoir et l’évitement d’une sanction des urnes en cas de prises de décisions fondamentales relatives à la gouvernance du pays.

Mieux qu’un essai, le livre de VAN REYBROUCK est un coup de maître. Il est très documenté, lisible, structuré dans son approche du sujet et ses réponses aux questions soulevées. L’auteur nous retrace l’évolution du concept de Démocratie et la perte provoquée par l’abandon du ‘tirage au sort’ qui était pratiqué dans l’antique Athènes pour un système d’élection qui a été mis en place, au 18e siècle pour conserver le pouvoir à ceux qui le détenaient déjà.

Tout y est, l’Histoire, l’évolution des modalités de gouvernance, des expériences récentes qui ont été menées pour retrouver une Démocratie participative, une gestion du devenir du Peuple pour et par le Peuple. VAN REYBROUCK ne fait pas l’impasse sur les objections, les difficultés, les réticences du monde politique. Mais il y affirme la nécessité de réagir rapidement à ce qu’il appelle le « syndrome de fatigue démocratique ».

Un livre à lire, un livre à partager, un livre qui ne doit pas être tabou et dénigré d’un geste de la main par les politiques qui nous gouvernent.
La Démocratie, un sujet de discussion entre toutes personnes souhaitant une saine gestion de la ‘chose publique’, dès aujourd’hui et pour le long terme!

Ce qu’en dit l’éditeur:

Notre démocratie représentative est aujourd’hui clans une impasse. Sa légitimité vacille : de moins en moins de gens vont voter, les électeurs font des choix capricieux, le nombre d’adhérents des partis politiques est en baisse. En outre, l’efficacité de la démocratie est violemment mise à mal : toute action énergique de l’exécutif devient problématique, les hommes politiques adaptent de plus en plus leurs stratégies en fonction des échéances électorales. Cet état de fait, David Van Reybrouck l’appelle « le syndrome de fatigue démocratique » et il s’interroge sur les moyens concrets d’y remédier. Suivant les travaux récents de politologues renommés, il préconise de remettre à l’honneur un grand principe de démocratie qui a connu son apogée dans l’Athènes classique : celui du tirage au sort. Au fil d’un exposé fervent et rigoureux, David Van Reybrouck démontre combien ce principe de tirage au sort pourrait être efficace pour donner un nouvel élan à nos démocraties essoufflées. Car il s’agirait bien, en associant des citoyens représentatifs de toutes les strates professionnelles et sociales, de rendre au peuple les moyens d’agir sur ce qui le concerne au premier chef.

A propos de l’auteur:

Nationalité : Belgique 
Né(e) à : Bruges , le 11/09/1971
Biographie : 

David Van Reybrouck est né à Bruges en 1971 dans une famille flamande de fleuristes, de relieurs, d’électriciens et d’artistes.
Il a étudié l’archéologie et la philosophie aux universités de Louvain et de Cambridge et détient un doctorat à l’université de Leyde. Journaliste, il collabore au Soir de Bruxelles ; écrivain, il a écrit Le Fléau (Actes Sud, 2008), homme de théâtre, il a publié Mission (Actes Sud-Papiers, 2011), une pièce jouée en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Italie.
Son essai Congo, une histoire (Actes Sud, 2012) a reçu le prix Médicis.

Et pour donner une envie de le lire…

Les idées reprises dans les paragraphes ci-dessous sont tirées du Grand oral RTBF/Le Soir sur La Première dont David Van Reybrouck était l’invité le 21 octobre 2017. Ses proposition de pistes pour refonder notre système politique et instaurer une démocratie intelligente restent, à mon sens, de pleine actualité.
https://www.rtbf.be/info/societe/detail_david-van-reybrouck-arretons-de-penser-qu-on-va-ameliorer-la-democratie-en-ameliorant-les-elections?id=9742588

À moins d’un an des élections communales, David Van Reybrouck commente d’abord la vision francophone de la N-VA. Il dit : « C’est un réflexe que je vois très souvent en Belgique francophone : penser que la montée en puissance de la N-VA égale automatiquement la montée en puissance du nationalisme ! Les raisons pour lesquelles les gens ont voté pour la N-VA, ce n’est pas forcément pour l’indépendance de la Flandre. Et la N-VA a compris car son enjeu politique a changé : d’un discours très communautariste vers un parti de droit économique et aussi la migration ».

La particratie belge

De retour de Berlin où il vient de vivre une année, David Van Reybrouck regrette que la campagne électorale des communales soit déjà lancée en Belgique. « En Allemagne, la campagne des grandes élections a commencé quatre, cinq semaines avant et jusque-là les politiques ont fait leur travail« , explique-t-il.  » Nous, on est en campagne pendant quatre, cinq ans. C’est une fièvre électorale, pas une discussion des idées. Ce pays, la Belgique, est complètement bouffé par la particratie et ça va de pire en pire « , dit David Van Reybrouck.

Une démocratie intelligente

« Arrêtons de penser qu’on va améliorer la démocratie en améliorant les élections« , poursuit-il. « C’est une formule primitive, vieillotte, pour faire tourner une société. Je défends plutôt l’idée d’un tirage au sort. C’est en train de se faire, notamment en Irlande. Tirer au sort une partie du conseil communal serait tout à fait envisageable : Madrid est en train de le faire et plusieurs villes des Pays-Bas« , explique l’essayiste.

« Le tirage au sort combine l’échantillon représentatif avec l’information et le temps : on demande aux gens ce qu’ils pensent après avoir eu le temps de réfléchir. C’est l’inverse d’un sondage où on demande aux gens ce qu’ils pensent quand ils ne pensent pas« , compare David Van Reybrouck.

« Le fait de se sentir pris au sérieux est extrêmement important dans une démocratie. Le mode électoral ne garantit pas toujours cette expérience-là« , conclut-il sur ce point.

« Le jihad de l’amour »

David Van Reybrouck a aussi recueilli les propos de Mohamed El Bachiri dans le livre « Un jihad de l’amour ». Belge d’origine marocaine et musulman, Mohamed El Bachiri vit à Molenbeek. Son épouse et mère de ses trois enfants est décédée le 22 mars 2016 dans l’attentat du métro de Bruxelles.

David Van Reybrouck explique : « La rencontre avec Mohamed a été un vrai bonheur. C’est quelqu’un qui crée des ponts entre musulmans et non musulmans« .

« Nous vivons une époque qui est extrêmement violente mais pas seulement à cause du terrorisme« , poursuit l’écrivain. Et David Van Reybrouck de citer « le taux de suicide, l’automutilation, les burn-out et les dépressions« . « Nous vivons une crise sociétale qui dépasse l’islam« , conclut-il.

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