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Ma cote: 4 / 10

Mon Billet:

Marguerite Duras, ça passe ou ça casse !
Je retrouve ce Moderato Cantabile sur un rayonnage de bibliothèque. La poussière que ce roman dégage est-elle l’effet du temps ou est-ce le livre, le style d’écriture de cette écrivaine qui l’attire et provoque des réactions allergiques chez le lecteur que je suis devenu ?
Incontestablement Marguerite Duras crée des ambiances, des situations assez basiques qui reflètent son époque (en termes de productions littéraires, Moderato cantabile ne date pas d’hier, mais d’avant-hier au moins !) Mais elle y laisse fermenter des répétitions qui s’installent, redisent, revivent des situations toujours à peu près les mêmes, jamais tout à fa
it pareilles. C’est – ou c’était lors de ma première lecture – une des forces de cette plume, la puissance d’évocation… Mais aujourd’hui, je n’accroche plus. Les éléments du récit, je ne les accepte plus pour ce qu’ils sont, voire pour ce qu’ils veulent évoquer. Cette vision du monde, de l’éducation, des liens sociaux m’indispose, j’ai envie de la rejeter, de la combattre.
Curieusement, par sa manière de créer des ambiances, des îlots de rationalité, de manière de vivre, l’écriture sociale de Marguerite Duras me fait penser à celle de Simenon. Comme lui, elle plante un décor, positionne quelques personnages et semble laisser l’âme humaine se dépatouiller avec les pensées sombres du quotidien, alors que, bien évidemment, tout est construit avec rigueur, ne laissant pas de place au hasard. Mais, chez Duras, j’ai l’impression, quand je la relis aujourd’hui, que l’histoire n’y croit plus elle-même. le récit stagne, s’enlise dans une expression qui n’est plus en adéquation avec notre époque, notre tempo de vie.
Je peux illustrer ce que je dis par l’exemplarité répétitive de ces leçons de piano ‘qu’on fait donner’ à l’enfant’ sans même s’inquiéter de savoir si cela donne envie à l’enfant de ‘faire de la musique’ ! Une pédagogie qui s’impatiente de la non compréhension par l’enfan
t d’une notation stylistique telle ‘Moderato cantabile‘… alors que « On le lui a déjà dit, pourtant ! » … Et l’enfant restera sans réponse, sans apprentissage, sans envie !

Un peu comme moi en reposant, pour la dernière fois, je pense, ce livre sur un rayonnage d’où, tôt ou tard, il tombera dans l’oubli.

A propos de l’auteur:

Nationalité : France
Né(e) à : Gia Dinh , le 04/04/1914
Mort(e) à : Paris , le 03/03/1996
Biographie :

Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Donnadieu, est une femme de lettres, dramaturge, scénariste et réalisatrice française.

Elle passe toute son enfance au Vietnam. En 1932, alors qu’elle vient d’obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. Après des études de mathématiques, sciences politiques, et une licence de droit, elle est secrétaire au Ministère des Colonies, de 1938 à 1940. Elle épouse Robert Antelme (1917-1990) en 1939. En 1942, elle accouche d’un garçon mort-né dont elle ne saura jamais faire le deuil.

Marguerite Donnadieu cosigne, au printemps 1940, avec Philippe Roques, « L’Empire français », son premier livre. Pendant la guerre, elle entre dans la Résistance. En 1945, elle s’inscrit au Parti communiste qu’elle quitte en 1950. En 1947 Marguerite Duras divorce et se remarie avec Dionys Mascolo (1916-1997) dont elle aura un enfant prénommé Jean. En 1956, elle se sépare de son second mari.

Marguerite Duras publie son premier roman, « Les Impudents », en 1943. En 1950, elle est révélée par un roman d’inspiration autobiographique, « Un barrage contre le Pacifique ». C’est le début d’une œuvre de fiction importante avec des romans comme : « Le Marin de Gibraltar » (1952), « Le Square » (1955), « Moderato cantabile » (1958), « Le Ravissement de Lol V. Stein » (1964), ou encore « Le Vice-Consul » (1966).

En 1984, « L’Amant » est publié et obtient le prix Goncourt. C’est un succès mondial. Jean-Jacques Annaud en fait un film en 1992.

Elle écrit aussi pour le théâtre, souvent des adaptations de ses romans comme « Le Square », représenté en 1957, ainsi que de nouvelles pièces, telle « L’Amante anglaise » (Prix Ibsen 1970) ou « Savannah Bay » en 1982. Elle écrit en 1959 le scénario et les dialogues du film « Hiroshima mon amour » d’Alain Resnais, qui lui vaut d’être nommée pour l’Oscar du meilleur scénario original à la 33e cérémonie des Oscars.

Elle réalise elle-même des films originaux comme « India Song » (1975), avec Delphine Seyrig, « Le Camion » (1977), avec Gérard Depardieu, ou encore « Les Enfants » (1985), avec Daniel Gélin.

En 1985 elle met en scène « La Musica deuxième » au théâtre Renaud-Barrault, puis elle publie « Yann Andréa Steiner » (1992), dédié à son dernier compagnon Yann Andréa, « Écrire » (1993) et « C’est tout » (1995).

Source : France Loisirs

Les références:

Marguerite Duras

ISBN : 2707303143
Editions de Minuit

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