De Claire Fuller

Les références:

ISBN : 978 2234 083 295
Éditeur : STOCK (02/05/2018)

Ma cote: 10 / 10

Mon avis:

Avec pour titre original ‘Swimming lessons’, ce deuxième roman de Claire FULLER raconte la nage en eaux troubles d’une famille ‘en glaise’, cette terre qui ne se plaît et se façonne que lorsqu’elle est copieusement humifiée mais qui, une fois séchée, durcie, cuite donne naissance à des sculptures, des postures de vie qui en disent long sur le caractère trempé des personnages. Tous, ici, ils sont façonnés par l’âpreté de la vie, la quête des illusions perdues et la grande question de la fidélité à ses engagements.     

Gil, le professeur de littérature déchu et auteur à succès en devenir, Ingrid sa trop jeune épouse, leurs deux filles, Nan et Flora sans oublier Richard, Jonathan ou Louise, tous sont taillés par les coups de butoir d’une vie de mensonges, de faux-semblant, d’attentes et de désespérances.

Tous ont quelque chose de repoussant. Tous incarnent les erreurs de la vie. Tous sont attachants par leurs fragilités, par la violence des rôles tenus au sein de la famille, auprès des amis, au sein de leur cercle relationnel. Tous méritent des baffes pour leurs manques de clairvoyance, tous ont besoin d’un capital-sympathie pour rester debout. C’est à ces titres qu’on les aime, s’identifie partiellement à eux et qu’on nourrit des envies de corrections. Ils sont nos miroirs, nos doubles, images de nos attirances et de nos répulsions.

 Claire FULLER maîtrise une écriture qui, avec des mots simples, exprime ces tensions qui régissent le monde familial.  Elle privilégie, essentiellement, deux points de vue. Celui d’Ingrid, l’épouse et mère, qui, à son tour, un jour disparaîtra sans laisser de trace. Avant, elle écrira des lettres à Gil, son mari tout le temps absent. Elle les glissera dans les livres qui, personnages centraux du récit, occupent tous les murs de la maison, le plus souvent jusqu’au deuxième rang, parfois un troisième.  Les titres des ouvrages où sont déposées ses missives, tous réels, a toujours un sens et une pertinence à traduire les états d’âme de cette trop jeune femme délaissée. Et puis, avec le même brio, l’auteure nous partagera les points de vue des deux sœurs : Nan-Marthe et Flora-Marie. Avec des réactions bien différentes, chacune tente de trouver la place à occuper au sein d’une famille déchirée par l’absence, la négation du conjoint, la mort qui approche pour l’un, la mort incertaine de l’autre.  Une belle analyse psychologique des personnages et de leurs relations au coeur d’un mystère qui les dépasse.

J’ai vraiment aimé ce livre dont je tiens la lecture des organisateurs du Challenge NetGalley, France et de la Maison d’Edition Stock. Qu’ils soient ici vivement remerciés !

Citations:

  • Ca n’en vaut pas la peine,dit Gil. Qu’est ce qui n’en vaut pas la peine?
    De contrarier quelqu’un que tu aimes.On ne sait jamais quand on le verra pour la dernière fois
  • Tout ce qui compte dans le roman, c’est le lecteur. Sans le lecteur, le livre n’a aucun intérêt, par conséquent le lecteur est au moins aussi important que l’auteur, si ce n’est plus. Mais souvent, la seule façon de savoir ce qu’un lecteur a pensé, ce qu’il a traversé pendant la lecture, est d’observer ce qu’il a laissé derrière lui. 
  • Ecrire ne sert à rien tant que personne ne vous lit, et chaque lecteur voit quelque chose de différent dans un roman, dans un chapitre, dans une ligne. (…) Un livre ne prend vie que lorsqu’il entre en interaction avec un lecteur. Que pensez-vous qu’il se produise dans les creux, les non-dits, dans tout ce qui n’est pas écrit ? Le lecteur comble les vides avec sa propre imagination.
  • Je crois que ce n’est pas forcément bon d’avoir une imagination plus vivante et plus grande que la vie elle-même.
  • Ce que l’oeil ne voit pas et que l’esprit ignore n’existe pas.

Ce qu’en dit l’éditeur:

« UN ROMAN QU’ON DÉVORE AUTANT QU’IL VOUS DÉVORE. »
Olivia de Lamberterie, Télématin

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.
Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

Traduit de l’anglais par Mathilde Bach.

« UN ROMAN EMPREINT DE TENDRESSE. UN TRÈS BEAU COUP DE COEUR ! »  Monica Irimia, Librairie Mollat

« UN ROMAN QUE JE VAIS CONSEILLER À TOUT LE MONDE CET ÉTÉ ! »  Anne-Sophie Rouveloux, Librairie Chroniques

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